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Sylvain Hatesse - le maître du jeu

(modifié: décembre 2012)

Sly Frog Games édite des jeux depuis 2008 et c’est par le jeu Terrabilis que j’en ai entendu parler. Autour du plateau, il s’agit d’apprendre la gestion durable et la stratégie de la coopération (pour les +14 ans). A l’origine du jeu, Sylvain Hatesse à qui j’ai eu envie de poser quelques questions. Après avoir eu ses réponses passionnantes, j’espère vraiment qu’il va se mette en relation avec le Jardin des Plantes ou le Parc de La Villette pour démarrer des jeux géants écolos l’été prochain... et que Paris plage serve enfin vraiment à quelque chose...

Comment vous est venue l’envie de créer un jeu sur le développement durable ?
> Formateur en développement durable depuis une dizaine d’années, je travaille auprès des collectivités territoriales et exerce des missions de conseil et formation. Amateur de jeux de société et auteur d’un premier jeu sorti en 2009 (MIXMO), je souhaitais depuis très longtemps créer d’un jeu permettant d’approcher le sujet du développement durable de manière transdisciplinaire et non dogmatique. Ainsi est née, il y a plus de 5 ans, l’idée de créer Terrabilis.

Vous ne pensez pas qu’on devrait faire des jeux géants pour les adultes... dans des parcs par exemple ?
> Les jeux géants (ou jeux sur-dimensionnés) sont des outils de sensibilisation phénoménaux qui permettent d’associer un maximum de participants, de les maintenir actifs, de favoriser les échanges et de permettre à un large panel d’observateurs de pouvoir suivre le déroulé du jeu. L’idée d’organiser des jeux géants dans les espaces publics me semble donc être un moyen très convivial pour s’amuser, apprendre en s’amusant, se rencontrer et dialoguer… Les jeux géants sont des outils ludo-éducatifs complémentaires aux jeux de sociétés classiques (type jeu de plateau), aux jeux de rôles (avec mise en situation) ou encore à leurs cousins électroniques, les serious games. Chacun ayant des intérêts divers et complémentaires.

Quelle différence faites-vous (si vous en faites une) entre développement durable et écologie ?
> Très bonne question ! Si ces notions se rapprochent et sont mêmes intimement liées l’une à l’autre, quelques différences me semblent cependant importantes à rappeler.
L’écologie est une science. A ce titre on ne peut être "pour ou contre". Cette science repose sur la compréhension du vivant et des différentes interactions complexes qui existent entre les espèces et leur milieu. La relation abeilles/fleurs/climat par exemple. Chez les humains, certains comportements seront dits « écologiques » s’ils intègrent cette prise en compte des liens et des limites que la rationalité écologique nous impose de suivre.
Le Développement Durable (DD), également appelé soutenable, est un nouveau projet de société, qui permet de réintégrer la question écologique dans nos modes de vie et nos choix de développement. Il se décline de multiples façons selon les organisations : Économie Sociale et Solidaire pour l’entreprise, Agenda 21 dans les collectivités, Normes environnementales dans l’industrie, utilisation des transports en commun, tri des déchets et solidarité à notre échelle... Il s’agit donc d’une stratégie de développement qui repose sur un portage politique fort, une gouvernance responsable, une bonne connaissance des impacts écologiques et sociaux liés à tel ou tel mode de production et une adhésion de tous pour pouvoir fonctionner. Du bons sens, mais une mise en œuvre difficile…
La question de la transition vers une société plus durable prête à de nombreux débats, divise et ne cesse de faire polémique. Qui commence ? Qui paye ? Qui est responsable ?…
Ces égarements multiples nous auraient-ils fait oublier une des principales leçons écologiques ? Elle est très claire pourtant : On ne négocie pas avec la Nature, on s’adapte ou on disparaît ! Le DD doit donc permettre la mutation culturelle vers une société écologique.

Dans votre parcours, votre histoire, étiez-vous sensibilisé à tout ça ?
> J’ai la chance d’avoir grandi dans une famille nombreuse où, dès notre plus jeune âge, nous avons été sensibilisés à la nature, au respect d’autrui et au partage. Mon parcours de vie m’a ensuite permis de passer plusieurs années à l’étranger, de l’Angleterre à Tahiti en passant par l’Afrique du Sud et la Réunion. Cette immersion au sein de différentes cultures, paysages, modes de vie... a éveillé en moi une véritable conscience planétaire. J’ai compris que la diversité était une richesse, compris qu’il y avait tout intérêt à préserver nos savoirs, comme nos paysages et nos écosystèmes, pour le bien de tous, aujourd’hui et demain.

Vous êtes maintenant éditeur de jeux responsables avec votre société Sly Frog Games. Qu’est-ce que vous aimez le plus dans cette activité ?
> Je dirai que créer un jeu c’est un peu comme inventer une nouvelle recette de cuisine... La phase d’élaboration est passionnante, on part d’une idée puis on ajoute les éléments du jeu tel des ingrédients en veillant à conserver une harmonie globale. On cherche, invente, teste, expérimente, ajoute, retire... Et, petit à petit, le jeu prend forme grâce aux nombreuses parties faites en famille et avec les amis. Les réactions des joueurs deviennent alors de nouvelles sources d’inspiration et contribuent à faire évoluer le jeu. Ainsi les choses s’affinent et s’éclaircissent jusqu’au jour où on lance la fabrication.
Vient alors le moment de la dégustation... Comme tout plat fait maison, le partager apporte beaucoup de joie. Une fois le jeu édité, le plaisir viendra de le faire jouer et de sentir que l’on a réussi à atteindre notre objectif : divertir, aider à comprendre, inciter à agir, donner envie de rejouer...
Chercher, trouver et partager, voilà ce qui me plaît particulièrement dans cette activité !






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?