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Anne Steinlein - peintre voyageuse

(modifié: octobre 2015)

Avec Anne on se connaît depuis longtemps... toujours entre deux sacs, deux trains, deux partances... Récemment nos routes se sont croisées de plus près autour du projet Solar Fire, elle finissait son site, j’ai eu envie de lui poser quelques questions, qu’elle a notées sur un papier griffonné dans un train...

C’est quoi pour moi "ailleurs" ?  Ailleurs c’est loin, de nouveaux horizons, l’espace des possibles. C’est hors des sentiers battus. Là où j’ôte mon manteau d’habitudes. C’est ce besoin d’AIR et d’espace dont j’ai besoin pour être, sentir mon cœur palpiter, trouver d’autres chemins. 
Où je vis plein de Vies en une seule. 
C’est aussi hors du temps. Là où je m’oublie, ou je rencontre une certaine partie de moi... en peignant par exemple... en fait, c’est aussi ici et maintenant. 
Née dans une famille de voyageurs j’ai été bringuebalée un peu partout dans le Monde. Petite fille j’ai découvert Haïti, l’Égypte ou les Philippines.  Mon père allait photographier des masques, des peintures sur les murs, du Katakali, du théâtre de rue... J’ai vu des tas de choses incroyables : des derviches, des hommes sauvages habillés tout en branches de sapin, des danseurs nus, des artistes barges... Autant de souvenirs bariolés et décalés.  Après ça difficile de m’imaginer pointer au bureau le matin. 

Du temps pour des choses plus personnelles ?   Si j’ai besoin de commandes classiques pour gagner des sous, j’essaie le plus possible de rester en accord avec mes idées. Travailler avec des gens simple et humains qui nourrissent des projets qui m’inspirent.
Travail amis vie quotidienne sont intimement liés. D’une rencontre naît un projet, d’un voyage naît un livre... Par exemple j’ai déjà imaginé des chars pour un festival de rue conçu par un ami que j’avais rencontré lors d’un salon ou je vendais des petits livres faits à main... Après notre rencontre nous avions voyagé au Maroc... 
S’en est suivi l’édition d’un livre "carnet de voyage au Maroc", etc.  Avec le temps, j’aspire à aller plus en profondeur dans la peinture et être plus connectée à la Nature. 
Danser, chanter, peindre, ralentir un peu le rythme. Me poser sur une branche.

La force d’être nulle part c’est d’être partout chez soi. Être un caméléon. Accueillir l’instant.   Laisser aller une certaine forme de contrôle. Faire confiance à ce qui se trame sur notre chemin.
Cela implique de se servir de son intuition... Avoir ses repère à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur. 

Les difficultés ? Comment je les dépasse ?   Il y a parfois une certaine forme d’inconfort dans cette vie nomade mais j’essaie d’aller avec le courant. 
L’impression de courir sans jamais m’arrêter atteinte par quelque sortilège !?  Pas de sécurité matérielle ou peu... Comme tout le monde j’ai peur, je tâtonne, je me questionne "quelle Vie ?" 
"Est-ce une fuite" ? 
J’ai tout de même une base à Paris mais ça ne me tente pas d’y rester.  L’envie me chatouille d’une maison où je rentrerai chez moi, où je retrouverai un arbre et le verrai grandir.
Mais la richesse des souvenirs, la Joie d’être en Vie, les rencontres... tout ça me comble. Je remercie chaque jour pour cette chance.
Mais j’ai du mal à me projeter dans une vie de famille classique. Peut être quelque chose à inventer ? Sûrement.

Qu’est ce que j’espère qu’apportent mes images ? D’abord du beau, tout simplement parce que je pense que c’est essentiel. 
Susciter la curiosité, un élan pour vivre ses rêves, allumer une petit étincelle. C’est un état d’esprit. Je crée souvent in situ en voyage ou dans la Nature. A ces moments là je suis bien connectée. Les antennes déployées. Cela charge les images. J’aime qu’elles soient colorées. Qu’elles aient un vécu. Pour cela je mélange les techniques. 
En plus j’utilise souvent des matériaux qui ont une histoire, glanés sur place : de la toile à matelas, le papier peint d’une maison aimée, le vernis à bois de mon grand-père...
J’y mets de l’Amour bien-sûr. J’espère transmettre un peu de foi en la beauté de l’HOMME et la diversité du Monde sur lequel nous sommes des invités.

Le beau et les choses moches... J’avais une vision plutôt sombre du Monde. A présent j’aime que mes images célèbrent la Vie plutôt que de me complaire dans  "les choses moches". Il y a assez d’énergie déployée dans ce sens. Après la révolte, j’ai envie de mettre la lumière sur ce qui est BEAU. 
J’aime bien ce proverbe touareg : "Mieux vaut allumer une chandelle que maudire l’obscurité".
C’est pour ça aussi que je suis heureuse de jouer ma part dans l’aventure de "Solar Fire". 
Oui, dans mon travail, j’essaie d’aller vers le bon côté de la balance.  Ingrédients à mon bonheur : un vélo, des fruits des légumes, la spiritualité aussi, une foi qui m’accompagne...
J’aimerais bien aller plus vers la Terre, peindre, dans une vie simple entourée d’un petit jardin. Un retour à la Terre qui serait aussi un retour aux sources.  A ma source.

Je te donne cette image : c’est Bernatère. Un petit moulin dans une vallée du Béarn... Et puis la Yourte : le pied ! J’aimerais trop avoir une yourte.
Aussi l’image de la Yourte mais c’est peut être pour plus tard. Je ferai bien un p’tit carnet de vie alternative...






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?