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Angélique Boudet : la photo entre ciel et terre

(modifié: mars 2012)

Après des voyages autour du monde, Angélique Boudet a posé ses malles à Marseille, face à la mer. Très fine dans son approche, ses photographies me semblent toujours aller au-delà du visible, elles sont comme en suspension, à mi-chemin entre ciel et terre. C’est Angélique qui m’a expliqué pour la première fois le Hozho, cette conception amérindienne que la beauté a sur le monde un pouvoir de guérison.

Est-ce que tu as toujours voulu être photographe ? Quel a été le déclic ?


Pourquoi continuer à travailler à l’argentique ?


Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail ?


Par rapport à toutes tes envies créatives, rencontres-tu des difficultés ? Et si oui, comment fais-tu pour les résoudre ?


Est-ce que tu sais pourquoi la nature t’inspire tant ?


Et chez les gens, qu’est-ce qui te touche ?


Commentaires...

*J’ai grandi dans un milieu très artistique. Mon père était sculpteur, il a longtemps eu son atelier à la maison et ma mère enseignait le dessin et l’histoire de l’art. Elle dessinait, gravait et avait beaucoup d’activités manuelles qu’elle me faisait partager. Très souvent pendant les vacances, ils nous trainaient dans les musées que ma sœur et moi avions en horreur. Nous allions de banc en banc en râlant et nous touchions aux tableaux. Pourtant ces musées, je les aime particulièrement aujourd’hui. Le temps a passé et j’ai passé un bac littéraire puis j’ai eu envie de faire des images, du cinéma d’abord, en tant que monteuse. Il fallait alors attendre 2 ans pour pouvoir obtenir un stage de montage et ainsi une formation. J’ai commencé des études à la faculté d’Aix-Marseille. En anglais, passage éclair, puis en Arts Plastiques. J’ai également passé le concours d’entrée à la nouvelle École Nationale de photographie d’Arles. A Pâques un photographe, ami de mes parents, avec qui j’avais déjà suivi un stage en juillet, cherchait un assistant. Avant la fin de ma première année de faculté où je ne me plaisais pas, et sans même attendre les résultats du concours d’entrée à l’école d’Arles, je commençais à travailler avec ce photographe publicitaire. Je m’engageais pour un certificat d’aptitude professionnelle en 3 ans. Le déclic pour la photographie est donc venu avant tout de mon éducation puis d’un certain hasard de la vie ! Je pense que le plus important n’était pas la photographie mais bien un moyen de m’exprimer.

*Je travaille essentiellement avec des appareils de moyen format, des années 60, des Rolleiflex. J’aime la qualité et la douceur de leur rendu. Le velouté d’une image prise au Rolleiflex ne sera jamais le même prise en numérique. J’ai toujours eu une interrogation par rapport à la conservation et au devenir des fichiers numériques. D’autant que j’ai fait beaucoup de tirages d’après négatifs pour moi même et pour une célèbre photographe de mode... Le numérique me semble immatériel.

*J’aime particulièrement la liberté qu’il m’offre. Je réalise mes expositions et je vends en édition. J’aime le pouvoir de l’image faite en une fraction de seconde. J’aime également montrer l’aspect inattendu d’une situation, la partie cachée de l’iceberg et révéler la beauté, le merveilleux en chaque chose et chaque personne.

*Je rencontre des difficultés par rapport au manque de lieux d’exposition, au manque de moyens, au peu de considération faite aux artistes. Sur de nombreux dossiers, projets, demandes d’aide à la création et à l’édition, trop peu aboutissent. C’est une part de mon travail long et parfois laborieux qui part en fumée quand un projet n’aboutit pas. Toutefois je continue, je privilégie les pistes avec lesquelles j’ai le plus de chances de réussite et j’essaie de m’auto-financer le plus possible.

*La nature m’inspire, elle représente l’essence des choses. Elle était sur terre bien avant nous et bien avant les villes. Elle représente à mes yeux la pureté, la vie et la mort, la source, la base de toute chose. La nature change avec les saisons, nous rappelle le temps qui passe.

*J’ai longtemps privilégié le portrait. Je crois même que durant mes dix premières années de photographie, je n’ai pris en photo que les personnes, inconnues ou connues, librement ou sur commande. J’ai toujours aimé montrer et mettre en valeur la personnalité, la beauté, les regards, les singularités. En photographiant des hommes, je me positionne et je m’inscris dans une famille. Je crée également une proximité entre eux et moi puis entre moi et le spectateur.

Son site : Photospace

(Mars 2012)






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?