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Gaëlle Baldassari - gérer l’argent avec éthique

(modifié: mai 2012)

Entretien avec Gaëlle Baldassari, directrice d’une agence parisienne du Crédit Coopératif.

>> Par votre éducation et votre milieu étiez-vous familiarisée avec un fonctionnement solidaire, éthique, écologique ?
J’ai grandi en banlieue, bercée par une mixité sociale et culturelle enrichissante. L’amour, la tolérance, le respect et le travail sont les fondements de mon éducation. Adolescente, je me souviens de débats politiques houleux autour du dîner. J’étais idéaliste, mes parents plus réalistes. Pouvoir débattre en famille permet d’approcher une certaine forme de conscience sociale et politique. J’ai conforté cela par mes expériences, mes rencontres, qui ont mis des mots tels que solidaire, éthique ou écologique sur des concepts dans lesquels je me retrouvais.

>> Par quelle porte êtes-vous entrée dans la vie active ?
Presque par hasard, le lendemain de mes dix huit ans j’ai travaillé comme hôtesse sur un salon pour l’entreprise de mon père. Après avoir eu mon bac je suis entrée en fac de biologie pour devenir professeur. Un emploi du temps assez léger m’a donné l’envie de répondre à une annonce placardée dans le bureau des étudiants, j’ai donc couru m’acheter un tailleur et je me suis rendue à l’entretien. J’ai travaillé dans l’événementiel comme hôtesse puis chef d’équipe. Comme je m’épanouissais dans ce travail fait de rencontres plus variées les unes que les autres, je me suis rapidement inscrite en cours du soir pour tout mener de front. Lorsque j’ai réalisé que je ne voulais plus faire de ma passion (la biologie), mon métier, j’ai eu l’opportunité de tester le métier de commerciale grâce à un chef d’entreprise qui m’a fait confiance. A l’issue de cette expérience, j’ai décidé de changer de cursus pour aller vers la voie commerciale. Mais... je n’habitais déjà plus chez mes parents et j’étais habituée au confort des salaires que je percevais.
L’alternance a donc été le moyen de reprendre des études tout en ayant un salaire et sans perdre de vue le monde de l’entreprise. J’ai déposé des CV un peu partout et une grande banque traditionnelle française m’a contactée. Mon père qui avait fait une partie de sa carrière dans la banque m’a dit : « au moins dans la banque tu auras suffisamment de temps à toi pour travailler tes cours, et puis c’est encore un secteur qui forme ses jeunes ». J’ai donc suivi la voix de la raison puis je me suis prise au jeu du conseil et à l’issue de mon BTS, j’ai été embauchée avec l’assurance de continuer d’être formée en interne.

>> Qu’est-ce qui vous a décidé à intégrer une banque comme le Crédit Coopératif ?
Dans cette banque traditionnelle, à vingt-cinq ans je me suis dit : « j’ai plus de 6 ans d’expérience professionnelle, un peu d’argent de côté ; j’ai envie de visiter le monde alors c’est le moment ou jamais ». Avec mon sac à dos je me suis mise en tête de découvrir l’orange bleue sur laquelle je trotte depuis ma naissance et surtout d’en rencontrer ses locataires. Cette expérience m’a permis d’affirmer ce qui était sous-jacent : je, tu, nous sommes responsables du monde dans lequel nous vivons. Nos choix de comportement vis-à-vis des autres, de consommation et de carrière ont un impact sur le monde au moins autant que les bulletins glissés dans les urnes. Alors j’ai fait mienne cette phrase attribuée à Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans ce monde ». A partir de là, j’ai cherché une entreprise dans laquelle mes compétences pouvaient être utiles et qui soit en phase avec mes valeurs. Le Crédit Coopératif était à la croisée de ces chemins alors j’ai postulé.

>> Quelle est la contribution que vous pensez apporter à un changement de société ?
C’est une question difficile... Plutôt que de changement je serais tentée de parler de chemin : je suis en chemin, j’apprends, j’évolue chaque jour et la somme des chemins individuels fait le chemin de notre société. Aujourd’hui, je mets mes connaissances et mon expérience au service des hommes et des femmes porteurs de projets au sein d’associations et d’entreprises qui œuvrent pour un monde plus ancré dans la réalité, plus juste. En retour ces échanges m’enrichissent, richesse que je tente de transmettre à mon tour. La vie n’est qu’échange…

(novembre 2011)






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