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Frank Escoubes et la créativité de rupture

(modifié: février 2012)

A chaque fois que je fais un tour sur la plateforme d’Imagination for People, fondée par Frank Escoubes avec une équipe de passionnés, j’en ressors pleine d’espoir ! L’idée est tout simplement géniale et va beaucoup plus loin que les annuaires d’initiatives. Il s’agit d’inscrire toutes sortes de projets créatifs et innovants, de les croiser et de permettre aux gens de travailler ensemble. Le tout se joue en France et au Québec avec des réalisations très concrètes comme des Forums de l’Innovation.

Comment vous est venue l’idée d’IP ?
> Imagination for People est une plateforme collaborative 2.0 dédiée à l’innovation sociale. Elle est née du souhait de proposer un espace d’innovation ouverte au service du bien commun qui s’adresserait à la fois aux citoyens, au secteur public et aux entreprises privées.
Cet espace vise à réunir les meilleures conditions de collaboration et d’inventivité au sein d’un collectif mixte "Public - People - Private". Mon expérience en conseil en stratégie pour le compte de collectifs d’entreprises (clusters, pôles) et de territoires & collectivités a très probablement servi de prisme : il m’est apparu évident que créativité, bien commun et co-création devaient être soutenus par de nouveaux outils et prolongés par de nouvelles communautés d’interprètes gravitant dans les 3 sphères évoquées.

Très concrètement, comment avez-vous monté le projet et en combien de temps ?
> Depuis 2009, l’équipe s’est progressivement constituée sur deux continents, au Québec et en France, par pure sérendipité : au gré de collaborations professionnelles et de rencontres informelles a émergé un petit noyau de convaincus et de passionnés qui ont eu le désir de s’associer afin de porter un projet qui pouvait paraître utopique tant son ambition était (et demeure) déraisonnable : créer un lieu de convergence international et multilingue dédié à la créativité de rupture, au service de l’intérêt général.

Comment l’avez-vous financé ?
> Après une période de bénévolat d’amorçage, la première année d’opérations structurées (2011) a été financée grâce à une subvention de l’Organisation Internationale de la Francophonie, à des donations de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme et de l’Association Ritimo ainsi que par l’entremise du mécénat de l’entreprise de conseil en management Algoé.

Quelle a été la -ou les- principale difficulté du projet ?
> Nous avons dû gérer un double niveau de complexité :
- démarrer nos activités sur deux territoires géographiques de part et d’autre de l’Atlantique,
- structurer la gouvernance de notre organisation autour d’un modèle hybride dans lequel la composante à but lucratif vient financer les besoins de l’association à but non lucratif.
Le droit français et le droit canadien n’ont pas fait émerger à ce jour de modèle intégré permettant de marier de manière simple ces deux logiques pourtant si complémentaires dans un contexte de "Social Business" ou d’Entreprise Sociale. Nous avons donc construit le dispositif à partir des briques existantes dans les juridictions concernées, en veillant à un parfait respect des intérêts de la communauté, pour et par laquelle se bâtit Imagination for People.

C’est votre occupation principale ou vous faites autre chose ?
> J’ai quitté depuis peu mes fonctions de consultant en stratégie et en développement économique afin de me consacrer à plein temps à l’aventure Imagination for People.

Des groupes de travail sont en développement sur IP. Qu’est-ce que vous en espérez ?
> Nous avons l’ambition de créer un nouveau standard de co-construction de l’intelligence collective sur le Web, qui viendrait considérablement enrichir les modes d’interaction conventionnels des forums en ligne.
Il s’agit de mettre à disposition de groupes de travail constitués de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers de personnes, les outils adaptés d’animation du processus collaboratif ainsi que les interfaces Web facilitant la co-élaboration et la mise en débat.
En ce sens, nous nous situons dans un dynamique de coopération dite "Many to Many" consistant à faire émerger par la communauté la formulation de problématiques sociales et sociétales ("problem finding") et à co-créer de manière véritablement collaborative les solutions sociales, politiques et économiques recherchées ("problem solving").
Nous tentons ainsi d’étendre les pratiques de crowdsourcing(*) au-delà des seuls challenges technologiques ou de R&D pour embrasser des enjeux sociétaux dont le traitement et la résolution passent par la co-écriture de politiques (ex : comment réduire l’échec scolaire ?) et de méthodologies (ex : quelles sont les étapes nécessaires pour créer une monnaie complémentaire ?), ou par la co-définition de projets concrets qui seront plébiscités par les membres du groupe de travail.

(*) Le crowdsourcing correspond à la recherche de solutions à un problème, dans une dynamique où les experts (ou "problem solvers") sont rémunérés ou pas.

(Février 2012)






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