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(20 octobre 2012)

Si loin, si proche - 1/De Caen à Delhi

Pendant que le profresseur Séralini, du Criigen de Caen, se justifie de son étude indépendante sur les OGM et qu’il est entendu par notre gouvernement...

On peut voir ici un bon entretien sur Reporterre.

Pendant ce temps, "La France a demandé au niveau européen une pause sur le développement des biocarburants de première générationqui entrent directement en concurrence avec la production agricole destinée à un usage alimentaire." (source Mediapart) Ce qui est une excellente nouvelle...

Pendant ce temps, à la veille de l’ouverture, lundi dernier à Rome, du Comité des Nations unies sur la sécurité alimentaire mondiale, Pascal Canfin, ministre délégué chargé du Développement et Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, ont exposé la nécessité d’un urgent renouveau agricole mondial...

C’est intéressant et c’est à lire sur Mediapart encore.

Pendant ce temps, Arte a diffusé Les moissons du futur, dernier documentaire de Marie-Monique Robin qui conclut ainsi un entretien publié par Arte :

"Nos enfants vont vivre dans un chaos inouï : des millions de réfugiés, la fin du pétrole et du gaz... La nécessité d’agir est extrême, les solutions sont à notre portée, mais on continue à faire comme si de rien n’était. Il faut une prise de conscience de la part des politiques. En Afrique, là où aujourd’hui les conséquences du réchauffement sont ressenties le plus durement, les gouvernements ont commencé à promouvoir l’agroécologie avec succès. Mais en Europe, on n’en est pas encore là. J’estime donc que le bilan est positif, puisqu’on a les moyens de s’en sortir, mais je suis en même temps très pessimiste parce que, pour la première fois, je me dis qu’il est peut-être déjà trop tard "...

Qui ajoute dans un autre entretien : "Lors de cette enquête, j’ai réalisé qu’on pouvait vraiment faire autrement. Surtout, je n’ai jamais été aussi consciente que ce qui nous attendait était terrible. Je pensais que nous avions deux ou trois générations avant d’être véritablement touchés par le réchauffement climatique et ses conséquences, comme les sécheresses ou les inondations. En fait, non ! Nous avons à peine vingt ou trente ans devant nous !"

Dix ans selon le grand climatologue James Hansen.

Pendant ce temps, en Inde les 100 000 marcheurs d’Ekta Parishad ont gagné leur bataille. Leur mobilisation s’organisait autour d’un accès plus juste à la terre. Il y a quelques semaines, le rassemblement a commencé par des discussions molles avec des politiques peu motivés... face à cela, plus déterminés que jamais les marcheurs ont pris la route sans attendre. La crainte de voir déferler 100 000 personnes dans les rues de Delhi a illico fait accélérer le processus de négociations et on est arrivé à un accord signé...

Si cet accord devait rester sans suite et se perdre dans les blocages administratifs et politiques, les marcheurs reprendront la route. C’est à suivre sur le site d’Ekta Europe.

Pendant ce temps, je me demande si on va bientôt revenir à une langue de nouveau capable de nommer les choses correctement, directement, sans confusion : en ne parlant plus de "crise écologique" mais de déclin du vivant, plus de "crise alimentaire" mais de famine, en n’appelant plus "pédophiles" de dangereux malades parce que ce mot veut dire en vérité "qui aime les enfants", comme le philosophe aime la sagesse, etc., etc. Si l’on nomme les choses par leurs vrais noms, elles existent du coup en pleine lumière...

Pendant ce temps, la valse des grands délires continue avec l’attribution du prix Nobel de la Paix à l’Union Européenne qui est un acte tellement honteux qu’il ne vaut pas la peine d’être commenté, sans parler de la position démente de la ville de Nantes sur la question d’un nouvel aéroport.

Pendant ce temps, pendant que vous hésitez (encore ?) entre bio ou pas bio, des TONNES d’antibiotiques sont administrés aux poulets, veaux, vaches, cochons élevés et abattus par millions dans des conditions atroces, pour vous.

Copier-cloner from louis rigaud on Vimeo.

Des animaux élevés comme ça... pour vous ?

"Il y a une orchestration mathématique dans la densité. Je détache un instant mes yeux des poussins pour observer le bâtiment lui-même : éclairages, mangeoires automatiques, ventilateurs et lampes chauffantes régulièrement espacées dans un jour artificiel parfaitement calibré. En dehors des animaux eux-mêmes, il n’existe aucun élément que l’on pourrait qualifier de "naturel" - pas un centimètre carré de terre, aucune fenêtre laissant entrer la clarté de la lune. [...]
Au début, la situation ne paraît pas si terrible. L’endroit est bondé mais les poussins semblent plutôt heureux. (Et puis on garde aussi les bébés humains dans des nurseries bondées, pas vrai ?) Et ils sont mignons. Heureux de voir ce que je suis venu voir et de me trouver au milieu de tous ces bébés animaux, je me sens plutôt bien. [...]
Du fait qu’ils sont si nombreux, il me faut un moment avant de me rendre compte de la quantité de cadavres. Certains sont couverts de sang, d’autres de plaies. Certains semblent avoir été déchiquetés à coups de bec ; d’autres desséchés, forment comme de petits tas de feuilles mortes. Certains sont déformés. Les morts sont l’exception, mais il est difficile de regarder quelque part sans en voir au moins un."
Des animaux abattus comme ça... pour vous ? Vraiment ?

"En douze secondes ou moins, la vache assommée - inconsciente, à demi-consciente, tout à fait consciente ou morte - progresse le long de la chaîne et arrive entre les mains de ’l’entraveur’ qui fixe une chaîne à l’une de ses pattes arrières et la soulève dans les airs.
Après l’entraveur, la bête, désormais suspendue par une patte, est déplacée mécaniquement jusqu’au ’pointeur’, qui lui tranche les carotides et une jugulaire dans le cou. Ensuite, toujours mécaniquement, l’animal est entraîné vers un ’rail de saignée’, et vidé de son sang pendant plusieurs minutes. Une vache contient environ une vingtaine de litres de sang, donc il faut du temps."

Et les vaches ne sont pas toutes mortes pendant cette opération, ni pendant les suivantes. Mais, selon Jonathan Safran Foer qui a procédé à une enquête hallucinante, "personne n’est autorisé à enquêter comme il conviendrait", ce qu’il a réussi à faire et on peut l’en remercier comme ça on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

Extraits de Faut-il manger les animaux ? (Point Seuil, p. 117 et 307).

Pendant ce temps donc que faisions-nous déjà ?






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