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(13 juillet 2013)

Nos vraies chaînes

Comme le dit Jon Steward, l’humoriste américain du Daily Show, suite aux révélations d’Edward Snowden : "Good news ! You’re not paranoiac !"

L’image des chaînes est courante et nous sommes ce que nous mangeons. Mais le savons-nous ?

Selon une enquête récente parue dans Féminin Bio portant sur 910 écoliers, âgés de 8 à 12 ans, tenez-vous bien : "87% d’entre eux ne savent pas à quoi ressemble une betterave, un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut."

"L’image communément utilisée par les promoteurs de la protection de la nature est celle d’un ’équilibre naturel’. Pour des raisons qu’il serait trop long de détailler ici, cette figure de style ne rend pas compte avec précision du peu que nous savons du mécanisme-terre. L’écologie nous offre une image beaucoup plus juste : la pyramide biotique. Je vais d’abord esquisser cette pyramide en tant que symbole, et développer ensuite certaines de ses implications en termes d’usage de la terre.
Les plantes absorbent l’énergie du soleil. Cette énergie passe à travers un circuit appelé biote, qui peut être représenté par une pyramide formée de couches successives. La couche la plus basse, c’est le sol. Une couche de plantes repose sur le sol, une couche d’insectes sur les plantes, une couche d’oiseaux et de rongeurs sur les insecte set ainsi de suite, de plus en plus haut, à travers différents groupes d’animaux jusqu’à la dernière couche, la plus élevée, formée par les grands carnivores.
Les espèces d’une même couche se ressemblent, non par leur origine ou par leur aspect, mais par ce qu’elles mangent. Chaque couche successive dépend de celle qui la précède pour sa nourriture et souvent aussi pour d’autres services ; chacune fournit à son tour nourriture et services à celles qui sont au-dessus d’elle. Plus on monte, plus le nombre de représentants d’une même couche diminue. Ainsi, pour chaque carnivore, on trouve des centaines de proies de carnivores, des milliers de leurs proies à elles, des millions d’insectes, d’innombrables plantes. La forme pyramidale reflète cette progression numérique du sommet vers la base. L’homme partage une couche intermédiaire avec les ours, les ratons laveurs et les écureuils, qui consomment à la fois de la viande et des légumes.
Les liens de dépendance pour la nourriture et autres services portent le nom de chaînes alimentaires. Ainsi la chaîne sol-chêne-cerf-Indien a-t-elle été largement reconvertie en une chaîne sol-maïs-vache-fermier. [...]
Les processus consistant à altérer la pyramide en vue de l’occupation humaine libère une partie de l’énergie stockée ce qui donne souvent lieu, pendant la période pionnière, à une exubérance trompeuse de vie végétale et animale, à la fois sauvage et domestique. Ces dépenses de capital biotique tendent à masquer, ou à retarder, la rançon de la violence."

In Aldo Leopold, Almanach d’un comté des sables, p. 271-275.






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?