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(15 mars 2012)

Les marchants contre les marchands

Les choses qui naissent spontanément, sans programme détaillé, sans campagne, sans porte-parole se font rares. Je veux dire qui relèvent d’un véritable élan et non d’une cause encartée, d’une stratégie ou d’un plan.

Cela devient rare parce que chacun-e court partout, qu’il est quasi-impossible en France d’envisager de bouger sans subventions ou sans mécène et que tout le monde est fatigué, débordé ou les deux.

Et quand ça vient, soit ça meurt illico, soit ça donne quelque chose d’assez fabuleux et totalement ignoré des médias (et donc de la plupart d’entre nous). Comme l’Alterour par exemple - un tour de France alternatif, convivial, sans dopages et pédagogique au possible.

L’hiver dernier dans le Sud du pays si cher à mon cœur, un groupe de gens se sont réveillés une fois de plus en se disant : basta ! Envie de donner de la voix, de redevenir visibles, de dire autrement que oui basta ! Ils ont monté une page rapide à la Charlie, un blog confinant au degré zéro de la communication, chaussés leurs pataugas et zou, en marche.

Au moment même où j’écris ces lignes à des milliers de kilomètres d’eux, au moment où vous les lisez bien au chaud peut-être, ils sont à Aix ou même un peu plus loin avec l’ambition de rallier Paris A PIED d’ici le 21 avril pour faire entendre leurs voix. Et à cette Marche de Marseille, ajoutons celles de Toulouse, Lille, Baiona, Angers.

Peut-être que c’est juste une poignée de radicaux (c’est ici un compliment), peut-être mais ce qui me rend vraiment heureuse c’est que c’est pas sur FaceB que ça se passe, c’est dans la rue, en vrai avec cet outil de non-violence fabuleux qu’est la marche.

Fabuleux ? Oui. En Inde, souvenez-vous qu’en 2007, Jadanesh a mis en marche quelque 25 000 paysans pour réclamer des terres et de la justice. On l’a appelée de façon très romanesque "La Marche des Gueux". Et ils avaient obtenu des terres cultivables. Mais pas forcément beaucoup de justice alors ils remettent ça pour l’automne prochain. Ils se prévoient 100 000. A pied, engageant leur temps, leurs corps, leur fatigue, leur vie pour un changement. Ce n’est pas en Inde, c’est en France et c’est maintenant.

Fabuleux parce que quels que soient les résultats de ces actions non-violentes et très déterminées il en sortira quelque chose de très fort, pour les marcheurs comme pour ceux et celles qui ont croisé leur route. N’oublions pas, les petits ruisseaux...

Je n’ai qu’une question : où sont les Colibris ? où sont tous les acteurs d’un mouvement écologique et populaire basé sur de la colère et des propositions qui viennent du terrain ? où sont-ils si pas maintenant aux côtés de ces marcheurs sans sponsors ? Et bien ils ne sont nulle part parce que pris dans des plans, des programmes et des campagnes qui finalement reviennent à faire la même chose autrement, ils sont pris, figés, bloqués dans le (parfois si lourd) fonctionnement de leurs organisations et c’est pourquoi ce mouvement n’existe pas encore vraiment, mais ça vient, ça vient.

Le blog de la Marche Marseille Paris.
Le site des Marches Populaires 2012.



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