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(27 avril 2012)

Le levier de la fourchette

J’aime bien les gens qui ont de la suite dans les idées, qui s’accrochent, même si c’est dur - parce que forcément dès qu’on a un discours un peu différent, ça se corse, et quand on veut essayer de changer un tantinet la donne, ooouh la !

Depuis des années, le docteur Lylian Le Goff est dans le bio jusqu’au cou et a écrit en 2007 un livre entier pour contrer une fausse évidence médiatique : le bio c’est cher ! Selon lui, Manger bio c’est pas du luxe. Et il a bien raison car si vous râlez parce que vous payez le bio plus cher, vous ne savez probablement pas qu’il y a de nombreux coûts cachés dans les produits de masse qui vous coûtent en réalité bien plus cher.

En France, le surcoût des produits bio vient du fait que, contrairement à l’agriculture intensive, cette agriculture peu gourmande en pesticides n’est pas soutenue par les pouvoir publics (1). Par exemple : "1 kg de pomme de terre en agriculture intensive est vendu en moyenne 0,65€, alors que le même en agriculture biologique est vendu en moyenne 1,30€. Si nous devions calculer les coûts réels, le kilo en agriculture intensive serait à 4,00€, alors que le même en agriculture biologique serait toujours à 1,30€."(2)

Les coûts réels ce sont, entre autres, les coûts sans subventions. Sans parler des coûts sanitaires hallucinants que l’agriculture intensive engendre en appauvrissant les sols, en polluant les eaux et en produisant des fruits et légumes gorgés de toxines dont certaines s’accumulent durablement dans nos corps.

Comme Lylian Le Goff le souligne très justement dans ce livre, il y a eu dans l’alimentation comme ailleurs une rupture de transmission. Et la société actuelle est tellement obsédée par l’argent que c’est l’argument indépassable, au détriment même de notre santé et du bon sens le plus basique.

Car ce que le spécialiste démontre dans ce livre c’est qu’en achetant ses produits en vrac et en préférant se fournir directement chez un producteur (comme le système des Amap), on diminue la note. Autre point, apprenons à limiter les apports en viande et à retrouver le goût et la variété des combinaisons céréales - légumineuses. Savourez et sentez la densité nutrionnelle des aliments bio qui battent à plate coutures toutes les calories "vides" des produits de l’industrie.

Mais comment faire quand on ne différencie pas un grain de quinoa d’un grain de millet à l’oeil nu ?

Avec "la" chef bio et naturopathe Laurence Salomon, Lylian Le Goff a persisté et signé en approfondissant son analyse sur le terrain pratique et en nous incitant à ré-apprendre à nous alimenter. Suffit les régimes, le problème n’est pas là !


Ceci n’est pas un régime vous incite à faire de votre fourchette un vrai levier de changement, à bouger vraiment, à vous régaler de tout un peu, à comprendre les complémentarités entre aliments, à prendre votre assiette en main avec des astuces, des zooms sur certains légumes en suivant leur calendrier naturel. Mais changer les habitudes, surtout pour les cuisinières travailleuses modernes n’est pas forcément facile, même en étant motivées.

Alors la suite dans les idées continue et Laurence Salomon a mis au point Les 100 recettes de base qu’il vous faut pour intégrer ces excellentes habitudes au quotidien.
Et elle a vraiment réussi ce travail parce que si vous êtes passablement nulle en cuisine, les recettes sont tellement faciles qu’elles sont inratables, et si vous êtes plus chevronnées, elles se présentent comme d’excellentes bases pour de multiples combinaisons.
Vous allez pouvoir ainsi faire vous-mêmes vos galettes de céréales en un tour de main, des mousses au chocolat inouïes, des soupes complètement étonnantes dont ce velouté chou-fleur/panais qui a laissé toute la famille sans voix !

Foncez !

Et si vous avez besoin d’un coup de main pour un vrai problème de poids, Lylian Le Goff et Laurence Salomon proposent un service en ligne à très petits prix (8€/mois pour 12 mois) pour vous soutenir à domicile.

Allez, foncez !


(1) Triste constat : "Pourtant, la France fut pionnière de l’agriculture biologique en Europe durant les années 1980. En 1985, elle représentait 60% des surfaces cultivées en bio dans la Communauté européenne ; en 2003, ce chiffre est tombé à 9,5% seulement (...)", p. 20.
(2) In Terres d’avenir pour un mode de vie durable de P. Desbrosses, E. Bailly et T. Nghiem, préface d’E. Morin, Ed. Alphée, 2007






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