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(30 mars 2014)

Le Bon Père Castor

Je suis une seiche plutôt loutre mais tout de même, le castor, quelle merveille. Nous sommes ici en présence d’un très grand rongeur (il peut atteindre 1,30 m et quelques 25 kilos), qui voit bien de jour comme de nuit, avec une fourrure ultra-performante, une queue lui servant de réserve de graisse et d’échangeur thermique, des glandes produisant le précieux castoréum. Un gars besogneux, bosseur et incroyablement performant.

Tout comme le paysan de jadis avec ses haies et son bocage, l’activité de millions de castors a façonné des cours d’eau, des forêts, des paysages. Le castor donne spontanément forme à des retenues d’eau qui semblent sorties de l’esprit de nos ingénieurs. Ses barrages ne sont pas parfaitement étanches, certes, mais parfaitement biodégradables et sans impact négatif sur l’environnement. On pourrait vraiment dire que le castor a tout bon.

Croyez-le si vous voulez, à la fin du 19e siècle, les castors avaient quasiment disparus dans toute l’Europe et ce pour trois raisons. On l’a chassé à n’en plus pouvoir pour nous faire des chapeaux de sa fourrure, pour nous soigner gratis avec le castoréum qui contient de l’acide salicylique (principal composant de l’aspirine, brevet déposé par Bayer en 1899) et... pour le manger sous forme de saucisson. De quoi, de quoi ? Si. L’Académie de Médecine ayant décidé de classer le castor parmi l’espèce des poissons en raison de sa queue couverte d’écailles, le castor fut longtemps considéré comme une "viande maigre" que les Chrétiens pouvaient donc manger le vendredi (source La Hulotte).

Le castor assimilé à un genre de poisson est une couleuvre d’une taille étonnante que les gens ont avalé sans moufter et, malgré tout l’intérêt d’une coopération bien ordonnée avec le bon père castor, le massacre a eu lieu.

Voici un extrait de la fiche Wikipedia : "Après avoir failli disparaître, C. fiber a été classé espèce protégée dans plusieurs pays puis inscrit à l’annexe II de la directive Habitat, lui permettant de commencer à reconquérir une partie de ses habitats. Il reste néanmoins vulnérable en raison d’un récent effondrement de sa diversité génétique.

Cette ’espèce-ingénieur’ des écosystèmes est aussi une ’espèce-clé’ et facilitatrice en raison de sa capacité à retenir l’eau par ses barrages et à accroître la biodiversité en complexifiant et en ouvrant certaines parties des ripisylves. Il a fait l’objet de nombreuses opérations de réintroduction. Il est considéré comme un ’auxiliaire’ de la renaturation, nécessaire à la restauration écologique et à la vie sauvage des cours d’eau."

Pendant ce temps là, le Canada autorise le saumon génétiquement modifié dans l’alimentation humaine.

Notez le terme de "renaturation" les amis, on va en reparler.







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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?