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(12 juillet 2012)

La Croisade des enfants

On le sait, l’histoire a une fâcheuse tendance à la répétition. Ou du moins : les hommes qui font l’histoire sont si souvent pris entre déni et oubli qu’ils répètent, et répètent encore après avoir pleuré et hurlé "plus jamais ça !"

Ainsi, en 1212, un peu avant la cinquième croisade, en Allemagne et en France, des milliers de jeunes gens se rassemblèrent pour écouter les nouveaux prophètes.
Il s’agissait alors, et l’affaire occupa gouvernements et soldats de 1095 à 1289 (date de la chute de Tripoli et de la fin des comptoirs latins en Orient), de rien moins qu’aller délivrer le tombeau du Christ des mains des infidèles musulmans.

A Cologne donc, un brasseur affirma une vision divine et, spontanément, de jeunes gens se mirent à le suivre. En France, Etienne de Cloyes tint le même discours. Direction : Jérusalem. Les jeunes pèlerins de cette double croisade traversèrent l’Alsace, franchirent les Alpes en Autriche et gagnèrent Gênes, où le mouvement se dispersa rapidement. Quelques-uns embarquèrent pour la Terre Sainte tandis qu’une petite minorité revint en Allemagne. Ce ne fut pas une croisade officielle, la plupart moururent sur les routes mais c’est de cet élan étonnant que prit forme quelque temps après, vers 1250-1252, la légende de la croisade des enfants.

Plus tard, l’écrivain Marcel Schwob s’empara de la légende pour en faire un très beau petit livre, La croisade des enfants, que l’on peut lire ici.

Qu’est-ce qui poussa ces pauvres gens à marcher jusqu’à Jérusalem ? La foi ? Peut-être. La quête de gloire ? Ou de profit ? Qui sait. La misère aussi probablement.

Il y aurait actuellement 1 790 000 enfants pauvres en France (Chiffre UFE- union des familles, 2005) et, en Grande-Bretagne, deux millions d’enfants travaillent régulièrement (et de plus en plus souvent selon le Trades Union Congress). On distingue le travail acceptable (quelques heures par jour tout en allant à l’école par exemple) du travail inacceptable (trafics en tous genre, travail forcé, etc.) qui concerne, lui, 350 millions d’enfants dans le monde dont la plupart vivent dans la rue. C’est évidemment dans des dizaines de pays pauvres que la misère et le travail des enfants sont une réalité nettement plus visible car, franchement, qui voit en France 1 790 000 d’enfants pauvres ? A part les travailleurs sociaux, personne.

A l’heure du Progrès, de la Croissance, de l’Internet, des OGM, de la Voiture Hybride et du Vote Electronique, on le sait, une large partie de la population mondiale n’est pas touchée par ces bienfaits, s’affame, se désespère, s’étrangle par manque de ressources et ce sont, par exemple, au Mali, des enfants, pauvres évidemment, qui se font embarquer dans la guerre dite sainte, comme chez nous il y a six siècles.
Pour une fois que des enfants sont rendus visibles, regardons.






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