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(13 novembre 2012)

L’espoir de Surin

Depuis 1993, la Via Campesina dont j’ai déjà parlé sur ce site coordonne les actions des petits paysans qui résistent à la mainmise de l’économie globale sur leurs fermes familiales et leurs savoirs-faire séculaires.

Un des buts de cette organisation indépendante est de défendre la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire la possibilité de chaque pays d’assurer sa subsistance sans dépendre des importations ni des jeux économiques. Cela va de paire bien entendu avec la sécurité alimentaire, la préservation des semences traditionnelles, le refus des OGM...

Pour défendre ces idées d’une logique pourtant vitale, des hommes et des femmes sont morts, assassinés en 1996 par une milice brésilienne. Mais cela ne les a pas arrêté et La Via Campesina a tout récemment organisé la première rencontre mondiale de l’agroécologie et des semences paysannes.

C’était à Surin, en Thaïlande, qui " a été choisie pour accueillir cette rencontre en raison de la transition que connaissent actuellement de plus en plus de ses petits exploitants qui abandonnent le modèle d’agriculture industrielle basé sur la révolution verte et se tournent vers l’agroécologie."

Rappelons que la révolution verte est ce mouvement à la fois politique, économique et industriel qui, dans les années 1960, a promis l’éradication de la faim dans les pays pauvres grâce à l’utilisation massive de pesticides (généralement issus de la recherche militaire et produits par les fabricants de produits mortels comme le gaz moutarde, par exemple... une sorte d’opération de recyclage toxique si on veut).

Au vu de l’appauvrissement des sols par l’abus de pesticides et de monocultures, ces pratiques sont aujourd’hui plus que critiquables et la question de la faim dans le monde n’est pas résolue. Une des conséquences dramatiques étant que de plus que les agriculteurs sont encouragés à vendre leurs terres ou à travailler des produits d’exportation (agro-carburants, huile de palme, coton OGM, etc.) au dépend de leur propre subsistance. Avec des conséquences souvent dramatiques.

"Nos collègues indiens nous ont annoncé que plus de 275 000 paysans se sont suicidés en Inde depuis 1995 en raison du piège de la dette causé par la dépendance aux intrants industriels. Heureusement, la nouvelle méthode du mouvement de l’agroécologie a permis à des paysans de trouver une lueur d’espoir dans ce sombre contexte, encourageant des milliers de familles à rester dans leur village et à continuer à cultiver dans de meilleures conditions de vie. Ce mouvement d’agriculture naturelle dite « zéro budget » a ramené la vie dans des zones rurales d’Inde."

L’agroécologie refuse la monoculture, soigne la terre, restaure les sols, et on sait officiellement depuis le rapport de Mr De Schutter en 2011 qu’un hectare en agroécologie a un rendement supérieur à n’importe quelle monoculture.

De plus, l’agroécologie va plus loin que la démarche du bio tellement travestie aujourd’hui. En effet, il y a remise en question des pratiques agricoles au sens large, y compris dans la dépendance aux énergies fossiles. C’est donc par les champs, un autre modèle de société qui est proposé.

"L’agroécologie est également une alternative pour permettre à la jeunesse rurale de rester dans les campagnes avec des conditions de vie dignes, tout en restant connectée à la production et à la distribution de l’alimentation de la communauté. Ce sont ces jeunes qui nourriront les générations à venir."

Regardez bien ces visages : ce sont eux qui permettront à nos enfants et petits-enfants de manger.

Site de La Via Campesina.






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