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(15 juillet 2012)

Kind of Blue

Avec l’été, l’envie de bleu océan se fait plus présente. On décompresse : la ligne bleu-blanc lumière de l’horizon a cet effet presque magique de vous étirer le regard plus loin qu’aucune "découverte" sur le net.
Vous vous souvenez du temps où il n’y avait pas d’écran autre que total à étaler sur la peau ?

La mer, les bateaux et les navigateurs sont à l’origine d’une puissante mythologie et, bizarrement, d’une inertie contemporaine assez étonnante. En effet, à entendre ces millions (si) de voileux et plongeurs hexagonaux, la mer, la grande bleue, serait "leur passion".

Vu l’état de destruction alarmant des océans et des bans de poissons sauvages ma question, certes naïve, est : où sont-ils ? Quand on aime quelque chose on le protège, non ?

Certains prétendent que l’humanité a tout découvert, tout connu, tout cartographié et qu’il est fini le temps des Grandes Expéditions. Certes. Le temps où des souverains pharaoniques finançaient explorateurs et autres découvreurs de terres à piller est bel et bien terminé. Tout est cartographié. Chacun sait où sont les ressources maritimes et quels satellites organisent les pêches. Tandis qu’une flopée de "marins" savourent le pastis au Vieux Port, régatent dans le soleil couchant, contournent caps et pointes, rêvent devant les amers...

Moitessier où es-tu ? Toi qui compris que ton chemin de mer était lié à celui du seul élément où tu pouvais rester vivant, où tu te sentais vivant, toi qui aima si fort cet océan, toi qui connu encore le poisson pêché mangé frais, toi qui crus à la possible reconstruction du monde...

Il y a aujourd’hui des expéditions à mener, et plus d’une, pour protéger, préserver et/ou tenter de nettoyer mers et océans. Et curieusement, alors que nos impôts servent entre autres à financer nombre d’activités hautement polluantes, du côté de la protection des mers et océans, à part des tombereaux de normes, labels et rapports, pas grand-chose.

Deux expéditions cruciales et citoyennes se sont récemment montées, l’air de rien.

Pas à pas, partenaire après partenaire, l’expédition MED entend montrer le haut niveau de pollution plastique de la Méditerranée. 1 million de clic pour la Méditerranée est une mobilisation qui va servir à amener le problème dans le débat publique, et ce n’est pas rien !

Parce que les eaux vitales ce n’est pas "que" ça mais c’est beaucoup ça :

L’artiste Chris Jordan, avec le projet Midway, montre ce que nous ne voyons pas, soit parce qu’on nous le montre peu, soit parce que nous refusons de le voir.

A l’autre bout du monde, dans le Pacifique cette fois, l’expédition OSL voulait vérifier l’existence de ce qu’on appelle maintenant le 7e continent, cette plaque de déchets (notamment ce que les plaisanciers balancent à la flotte) immense dont personne, à part le capitaine Charles Moore, ne s’occupe. Qui n’inquiète personne. Pas vu, pas pris.

Budget de leur expédition selon Alain Dupont, membre de l’équipe ? "Entre 25000 et 30000 euros (réparations imprévues, modifications d’avions...), sachant que presque tout le matériel (scientifique, vidéo, communication, prélèvements...) est fourni par des partenaires très investis dans le projet." Un budget donc "essentiellement constitué par les frais liés au bateau et à l’avion" puisque la petite équipe de 4 est bénévole. Soit un budget minimal quand même pour une entreprise si essentielle.

Partis de San Diego, l’aventure a malheureusement tourné court puisque le scientifique embarqué est tombé si malade qu’il a fallu le ramener et que sans lui, pas de prélèvements ! Une fois sa santé retrouvée, espérons que des partenaires nombreux permettront à l’équipe de pouvoir aller au bout de cette mission vitale.

J’ai un espoir. Allons-nous voir poindre enfin une nouvelle marine internationale de volontaires ? Pas juste un ou deux gars déterminés mais un mouvement, aussi important que celui qui est à la base de la Via Campesina, Attac et les Forums Sociaux ? Allons-nous enfin sortir de notre rapport romanesque à l’océan pour regarder en face la réalité tragique de ce qui s’y passe ? Et agir ?

Vous connaissiez peut-être le capitaine Paul Watson  ? C’est un type terrible qui, avec ses Sea Sheperd, fait trembler la pêche industrielle et les massacreurs des mers, et empêche pas mal de monde de dormir (dont Greenpeace, dont il fut un des membres fondateurs).
Son engagement est limpide et à lire cet excellent entretien vous vous en convaincrez sans peine. Ses clients ? Baleines, dauphins, phoques, etc. Ses compromis ? Aucun. Sa méthode ? La désobéissance civile agressive, active et non-violente... c’est-à-dire générer des dégâts matériels, balancer du beurre rance mais que jamais personne ne soit blessé (ce qui est le cas). Jadis, il y aurait eu des odes en l’honneur d’un type (et de ses équipes) aussi courageux. Des odes, des frises et des statues. Aujourd’hui, il est menacé de prison par des gouvernements corrompus car la pêche industrielle n’est pas précisément une entreprise romantique. Il ne fait pas la "une" des journaux.

Et si vraiment vous avez envie de vous convaincre encore que chaque cm3 de sushi au thon servi à peu près n’importe où dans le monde vient réellement d’une pêche parfaitement ignoble, alors plongez dans ce polar prenant, bien rythmé et parfaitement réaliste, Requiem pour un thon...

Une si petite bouchée de plaisir vaut-elle pareil massacre ?

On trouvera dans la rubrique Mer du blog de Fabrice Nicolino des papiers fort bien documentés sur l’état du désastre en cours.



Vos commentaires

  • Le 15 novembre 2012 à 15:51, par auteur Robert en reponse Kind of Blue

    Une page très bien faite sur un blog à mettre rapidement en favoris.

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