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(27 juin 2014)

Journal de campagne - 9

Comment relier le social et l’écologique ? C’est une sacrée question.

Quand je travaillais en Inde à perfectionner des concentrateurs solaires, j’ai eu la chance de rencontrer Anirrudh. Son métier est d’être "social worker". Quand il était jeune, il ne voulait qu’une chose et c’était : faire du bien, servir, être utile. L’Inde étant un pays différent du nôtre, il n’a pas fait de psychanalyse pour tenter de comprendre d’où venait cet étrange besoin. Sa famille a fait ce qu’il fallait pour tenter de le raisonner, en vain évidemment et il est donc devenu "social worker".

Il habitait à l’époque une petite maison de Rajkot avec sa femme et leur premier enfant. Du soir au matin, sept jour sur sept et par tous les temps, chaque minute de son existence était consacrée à filer des coups de main à telle ou telle action, au choix :
- organisation de rencontres pour sensibiliser à l’écologie
- coopération avec Ekta Parishad, le mouvement des sans-terre
- soutien à la lutte menée par un docteur isolé contre une grosse entreprise menaçant de plonger 15 villages dans la misère tout en ruinant l’environnement
- rencontres et recherches de coopération avec d’autres mouvements

Anirrudh ne perçoit aucun salaire - il est entièrement financé par sa communauté, c’est-à-dire un ensemble de gens qui travaillent, qui pensent que ses actions sont justes, qui ont avec lui une relation de confiance et qui n’ont pas le temps de faire ce qu’il fait tout en reconnaissant que c’est indispensable.

A l’époque, nos amis Indiens nous ont dit que le karma yoga (ou yoga de l’action) était bien peu pratiqué en Occident et que c’était bien dommage car nous avons généralement accès à des moyens tellement plus importants... Pauvres chez nous, nous étions riches là-bas mais la force de l’esprit d’entraide et de communauté dans ces pays est un trésor inestimable.

L’usine dans laquelle nous étions appartenait à un fervent disciple de Gandhi et il appelait ses usines des salles de pratiques de karma yoga car chaque geste de la journée était consacré à produire des machines utiles et destinées à renforcer l’autonomie des paysans. Ses postures à lui étaient de faire vivre ses ouvriers et leurs familles, produire de bonnes choses, tenir.

Ce soir je me demande ce qui se passerait en France si tous les pratiquants de yoga, taï-chi et autres se consacraient au service de l’humanité ? Pas en pétitionnant ni en likant sur Facebook mais en orientant toute leur vie vers cet unique objectif : "améliorer les choses vers plus de justice". Et si 10 personnes décidaient d’en financer 1 pour s’occuper d’un potager, par exemple ? Que ce passerait-il si tout d’un coup les gens se rapprochaient à ce point dans leurs idées et les moyens de les faire exister ? Est-ce que cela rapprocherait le social et l’écologique ?






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