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(26 juillet 2014)

Journal de campagne - 26 - Histoire(s)

C’est sûr que c’est super ambitieux de vouloir écrire une autre histoire de l’humanité. Comme toute envie, ça part de soi et moa je ne me suis jamais reconnue dans l’Histoire.

Depuis que j’ai découvert l’Histoire à l’école, je regarde tout ça, et je me dis : "c’est pas possible."
Je ne crois pas être seule dans ce cas.

Certains disent que nous avons tous en nous des graines de despotes, de tueurs, que tout est dans tout et inversement, c’est un peu vrai mais ça devient très très vrai si on considère que la majorité de nos nourritures mentales parlent de domination, de compétition, de violence.

Les mauvaises graines, ça s’arrache ou ça s’entretient. Y compris dans le sentimentalisme niais et le sirupeux.

Y compris dans les illusions consumériste.

Là, raidissement, ouh là là, le bon, le mauvais, la morale... Mais dites, pourquoi un végétarien, sans parler d’un végan, doit-il justifier pendant trois plombes qu’il éprouve un peu de compassion envers les animaux tandis qu’un carnassier ne se réveille jamais la nuit en pensant que son assiette de barback industrielle contribue au massacre de 60 milliards d’animaux par an ?

Parce que dans notre Histoire, la viande est (encore) associée à des valeurs de force et la "bonne conscience" s’appuie sur ce récit. Cet exemple de la viande, vous pouvez le retrouver dans tout dès que vous commencez à faire différemment.

Alors les mauvaises graines, ça s’arrache, ça s’entretient... ou ça devient utile au jardin... Et c’est la 3 voie qui m’intéresse, celle de l’intégration, qui sort de la pensée binaire rigide et la dépasse.

Une autre histoire donc mais attention, qui dit Histoire, dit plein d’histoires dedans et qui dit histoires dit fictions, donc mensonges, exagérations, métaphores, incompréhensions de langage... et toutes ces choses impalpables qui font la beauté et le drame de nos échanges sur terre.

Regardez dans l’Histoire comment chaque religion, voulant devenir dominante, s’approprie, digère et recycles les mythes précédents ad nauseam.

Regardez dans votre histoire, tous les sols que vous foulez sont riches des corps décomposés de vos ancêtres qui font votre histoire.

L’Histoire est là tout le temps, mais ce n’est pas la même pour tout le monde. Ce dont je suis sûre maintenant c’est que l’histoire c’est nous et c’est la raison pour laquelle j’ai voulu que les gens aient leur espace pour leurs récits dans les livres des Changeurs de monde.

Tout est une question de regard, de valeurs, de perspectives.

Certains courants de l’extrême-droite se teintent de green avec une cohérence qu’on peut saluer. Le parti verdâtre se tire à peu près à chaque pas une balle dans le pied avec une constance qu’on peut aussi saluer, et le reste de la classe politique continue à s’inscrire dans l’Histoire. La vague New Age n’en finit pas de nous inviter au changement sur tous les tons. Les experts nous assurent que tout va mal mais ça va aller mieux. Tout ça c’est des histoires qui entretiennent le sentiment d’impuissance et la déprime générale.

Une autre histoire commencera par cesser de se (vous) raconter des histoires. Et ce n’est pas facile parce que dire qu’il "suffit de faire ça" ou "d’appliquer ceci" est une très grande facilité. Traquer des pistes sérieuses, des exemples vraiment cohérents, des événements les deux pieds dans le réel, des personnes à l’essentiel, les pieds dans l’humilité, voilà ce qui peut faire une "autre histoire".

Par exemple, les Incroyables comestibles ou les grainothèques de Graines de Troc réussissent très bien la cohérence dont je parle. Ils touchent un truc universel (la nourriture), proposent un cadre ouvert qui permet à chacun-e d’agir en son âme et conscience (tu peux choper toutes les tomates ou prendre juste ce dont tu as besoin).

Je reviens souvent à Thomas Sankara au Burkina-Faso. Comment ses idées auraient-elles pollinisé ? Que serait l’Afrique, notre berceau à tous, si ce qu’il réalisa en 4 ans avec son équipe avait pu essaimer ? On peut citer, entre autres, son combat contre la corruption, son refus des structures féodales tribales comme de l’impérialisme, l’amélioration de l’éducation et la santé en faisant construire écoles et hôpitaux, l’autonomie prise vis-à-vis des anciens colons, la réforme agraire redistribuant des terres aux paysans, la campagne de reboisement pour lutter contre la désertification et la modification du statut des femmes en interdisant l’excision, en leur donnant accès à la vie politique et en réglementant la polygamie.

C’est l’histoire que j’ai envie de raconter : une histoire pour l’instant en pointillés, sans angélisme aucun, mais dont les points grossissent de plus en plus et indiquent qu’elle pourrait devenir l’Histoire, une histoire d’actions au grand coeur. Et qui ne pourra marcher que si nous sommes nombreux dans l’action.

Précaution : ce n’est pas l’histoire d’une domination contre une autre, c’est un récit où des groupes dominants mènent chaque civilisation à sa perte par excès d’avidité remplacé par un récit où chacun-e prend en charge la responsabilité de sa vie en lien avec son environnement dans tous les sens du terme.






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