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(5 juillet 2014)

Journal de campagne - 15

Hier je me suis levée avec grande envie de voyager alors je suis montée dans un bus que je n’avais encore jamais pris et là, tout de suite, ce léger décalage a ravivé en moi l’excitation du voyage.

Et puis j’ai reçu ce message d’une co-éditrice des Changeurs de monde : "Merci pour votre message, je trouve ce projet magnifique, j’espère qu’il pourra se réaliser. Je suivrai l’évolution et vais tenter de le partager avec quelques amis." Quelques mots sincères, un grand bonheur.

Ce qui m’intéresse, ce n’est pas l’information car nous avons l’information. Ce qui me passionne ce sont les outils de discernement. Je veux dire par là comment inciter les gens à penser par eux-mêmes ?

Nous autres humanoïdes, nous sommes des créatures de mots. Les mots qu’on nous dit, ceux des parents, des copains, de l’école, des livres, des journaux, de la télé, de la radio, les paroles de chansons, les dialogues des films, les modes d’emplois, les lettres... Bref, comme disait l’autre (Hegel si je me souviens bien), "c’est dans les mots que nous pensons."

L’aspect le plus passionnant de ma rechercher avec l’écriture et la langue (des matières ô combien vivantes) c’est ça : ne pas me contenter de dire mais réfléchir à comment vous le dire.

Comment le dire pour que ça se dépose en vous et que ça germe ? Ou que ça vous renforce ? Que ça circule ? Et que ce soit une invitation à la profondeur, oh oui !

Tenez par exemple, voici un traitement mou d’une nouvelle forte proposé par un journal d’alternatives. Une artiste a dénoncé des conditions de travail ignobles du prêt-à-porter industriel en cousant un sos dans des vêtements. Problème : tout le monde a pensé que les étiquettes avaient été cousues par une petite main invisible.

Cette artiste est un être humain concerné par le sort des autres, elle tente un geste créatif fort et c’est jugé par le journal comme... un faux. Vraiment ? Quelle situation intéressante et pleine d’humour zen ! Qu’est-ce qui est faux ici ? Que ce ne soit pas couturière asiatique de 12 ans qui ait brodé le SOS ? So what ? Dans une perspective altruiste il me semble que cela ne change rien.

Pour rappel, un "hoax" c’est un canular et certainement pas le fait d’énoncer une vérité, même en jetant un flou sur celui qui la dit. Et voilà (encore) une occasion manquée de semer de la profondeur.

Et pourquoi la profondeur est-elle cruciale ? Parce que ce n’est que dans le ralentissement et dans la prise de distance avec le flot continu, qu’un examen et une compréhension des informations est possible. C’est dans cet espace riche que s’enracine l’autonomie de chacun-e. Parce qu’être profond dans notre compréhension des choses c’est être libres de refuser tous les discours et commencer à créer ou rejoindre des espaces plus essentiels. Vous voyez-ce que je veux dire ?

En écoutant les participants de la Ferme la Fontié, c’est en revanche tout l’inverse : juste, limpide, profond, nourrissant.






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?