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(28 juillet 2011)

Haute tension

La récente tuerie en Norvège ne laisse personne indifférent et il y a de quoi bien sûr. Tout le monde y va de son analyse de l’extrémisme. Des difficultés posées par le multiculturalisme. Des difficultés posées par l’Union Européenne. Etc.

En attendant, on ne retrouve pas le père de famille qui buta froidement femme et enfants. Rien. Pas une trace.

Et puis, tout ça retombe. Mais en retombant fortifie toujours un peu plus ce climat de défiance, de peur, de violence, partout. Et nos jeunes grandissent avec ça et de moins en moins d’espoir me semble-t-il.

Tout ça retombe, comme Fukushima - dont la presse française ne parle déjà plus. Mais hier, on a pu voir sur la toile une vidéo amatrice et tremblante de rage où un représentant du gouvernement japonais se tient face aux habitants qui lui posent question. L’homme esquive, muré dans son silence, aussi imperméable à la tempête de colère et de douleur qui fond sur lui qu’un assassin glacial. Et finit par prendre la fuite.

D’un côté le macro-phénomène d’une catastrophe nucléaire qui touche des millions de gens et tout un environnement. De l’autre le micro-phénomène de la folie d’un seul homme qui modifie son environnement politique en éliminant ce qui, croit-il, mènera l’humanité à la catastrophe (ou quelque chose dans ce goût-là). Et tout au bout ce gars qui descend sa famille. La mort en série.

Qu’est-ce qui fabrique ces monstres ?

Ne vous dit-elle rien cette froideur intérieure ? Ne vous dit-il rien cet homme para-militaire qui tue froidement sur l’île ? Ne vous dit-il rien ce "chef" qui répète que "cela ne relève pas sa fonction" ?

J’ai déjà vu cela. Pas de près mais de mes yeux vus. C’était un documentaire sur l’utilisation des chefs nazis pour la construction de l’empire américain face au bloc communiste. Pas un film d’obscur complotiste mais une recherche documentée, posée, réalisée par Kevin Macdonald, réalisateur du "Dernier roi d’Ecosse", un documentaire présenté aux Oscars à l’époque. C’est la même froideur que chez Klaus Barbie, la même fermeture, la même certitude absolue d’être affranchi des émotions, des aléas, des failles et des errances qui font aussi l’humanité. La même certitude aveugle et arrogante d’avoir raison et d’être supérieur au reste des hommes, d’avoir sur eux, sur nous, un pouvoir.

Certes, le meurtre existe depuis toujours mais... mais ce que le nazisme a fait sortir de la boîte de Pandore était encore inédit et ne cesse de se perpétuer - sous une forme ou sous une autre et je n’ai pas de mot pour qualifier cette froideur commune à ces trois genres de morts atroces. Est-ce cela le progrès ? Est-ce cela la modernité ?Dans une Fusée Baudelaire écrivait "nous périrons par où nous avons cru vivre." A mon avis nous y sommes. Qu’en dites-vous ?



Vos commentaires

  • Le 1er juillet 2014 à 23:16, par auteur Nicolas Descleves en reponse Haute tension

    C’est la nature du pouvoir qu’il faut changer... Donc nous, moi en premier.
    Les démocraties que nous avons, sont des dictatures des groupes de pressions. C’est ça qui fondamentalement ne peut être équitable.




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