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(13 novembre 2012)

Formes de Nature

C’est vraiment un drôle de bouquin !

D’abord c’est une correspondance, une vraie, épistolaire et sans courriel. Qui fait encore ça aujourd’hui ?

Ensuite c’est un débat, un vrai, courtois, posé, rythmé par le temps de l’écriture entre deux que tout oppose : une chevrière passablement allumée et un scientifique tout ce qu’il y a de plus raisonnable.

Que tout oppose ? Pas sûr.
Une fascination et un amour commun de la nature leur tient lieu de terrain de jeux et de discussions. On voit ainsi, dans un état de ravissement quasi-constant, qu’une langue commune se tisse entre la naturelle et le raisonnable. Et ce n’était pas gagné car au départ, moi qui suis du genre naturelle, fantasque et toute prête à la rêverie, les froides explications du scientifique, Adrien Montagnac, me donnèrent envie d’envoyer valser la chose.

Mais ma curiosité était titillée par l’imagination débordante d’Églantine Mangemoustache (c’est son nom que voulez-vous). Figurez-vous que la dame a hérité d’une collection de formes dûment collectées par ses ancêtres - femmes sauvages peut-être au bord de la crise de nerf mais néanmoins piquées d’encyclopédisme. Et voilà donc Églantine qui fait sa part dans l’héritage, rassemble, trie, ordonne coquillages, cornes, spirales, patatoïdes et autres boulettes, et questionne le brave Montagnac qui, impeccable, lui répond point par point tout en partageant avec elle ses propres recherches.

A la fin, personne ne gagne et c’est ça qui est extraordinaire. Ni l’esprit imaginatif indispensable à la vie, ni l’esprit raisonnable indispensable à la compréhension du monde ne l’emporte et c’est toute la beauté de l’ouvrage : réunir, rassembler, tisser assez de liens entre des formes et des façons de les regarder et finalement témoigner de la richesse et de la complémentarité des différences.

Oui, un drôle de bouquin, et qui devrait, au minimum, être présent dans toutes les bibliothèques de collège et de lycée pour que les élèves y aient accès et que les profs de physique, biologie et dessin s’en inspirent !

De l’auteur scientifique, Jean-Baptiste de Panafieu, je ne savais rien. En revanche, on doit à Jennifer Dalrymple le formidable roman Sylvaners, une valeur sûre.






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?