Dans l'océan du net, des chroniques et plus de 1000 adresses fiables, éthiques et bio.



(6 novembre 2013)

Fin d’un monde et marchands de doute : qu’est-ce qu’on fait ? 1/2

Je vais revenir très vite sur le dernier rapport du GIEC, le climat et les marchands de doute parce que j’ai appris récemment quelque chose que j’aimerais partager avec vous.

En attendant, le premier volet de la fin d’un monde est celui de notre nourriture. Quand les rayons des supermarchés dégueulent de bouffe industrielle standardisée, manufacturée et blindée de résidus chimiques toxiques (et dont des quantités colossales passent à la poubelle), quand tellement de gens pensent encore que le bio c’est trop cher et que c’est un truc de bourgeois, quand on en est encore là on peut se dire : quelle ironie du sort tout de même que nous les humanoïdes qui nous croyons tellement évolués nous soyons incapables de voir que notre futur dépend complètement de petites graines et de petits insectes.

Oui, la vie de l’humanité dépend de la qualité des graines de fruits et légumes, des abeilles pour polliniser et des insectes qui font vivre les sols fertiles. C’est pataud hein ?

Il y a trois ans, le CEPF (Fonds de Partenariat pour les Ecosystèmes Critiques) a publié un rapport identifiant 1 567 zones clés de la biodiversité en Méditerranée dont six très menacées (dont le Haut Atlas marocain). Le bassin méditerranéen qui réunit 34 pays " est gravement menacé, car 5% seulement de son écosystème originel subsiste […]. La promotion immobilière des zones côtières à des fins touristiques et l’extraction de l’eau à des fins agricoles ont des répercussions particulièrement néfastes dans la zone », a expliqué Güven Eken, de l’ONG turque Doga Dernegi qui a conduit cette étude pour le CEPF.

Et ici, arrêtez-vous et notez : "Le bassin méditerranéen (...) est gravement menacé..." C’est faux. Le bassin est DÉTRUIT, il ne vit plus, il survit à peine. Remise en cause de l’impact des pesticides, aucune. Et allez, entrons dans un faux débat du style : oui mais on ne peut pas réduire le tourisme, on ne peut pas empêcher les gens de partir en vacances ni les locaux d’en tirer "quelques" sous... Le problème n’est pas là, n’est plus là depuis quelques années déjà. Le problème c’est : sans biodiversité, pas de vie et sans vie, nada.

Bien entendu, le CEPF débloqua derechef un énorme fond de protection des restes (ici). Ironie du sort, l’organe est une émanation de la Banque mondiale, de l’Agence française de développement (AFD) et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) entre autres. Ironie cynique oui car par leurs politiques globalisantes et avides, ces méga-institutions sont largement responsables de ce massacre.

Vous me direz, LaSeiche débloque, on s’en fout, c’était il y a trois ans, on a d’autres navets à planter. Mais attendez-moi, j’arrive.

Oui, j’arrive, en mai 2013 cette fois, sur un bureau de l’IPBES qui est une plate-forme d’études assez récente placée sous l’égide du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement). Et là je lis - et vous tous avec moi - que : " Le déclin de la diversité des plantes et des animaux d’élevage s’accentue et menace les réserves alimentaires mondiale." Et plus loin : "La culture d’une trentaine de plantes tels que le blé, le maïs ou le riz, représente 95% des ressources alimentaires tandis qu’il existe 30.000 plantes comestibles..." (source).
C’est une source, une parmi tant d’autres.
Mais c’est une réalité.
Ce truc monstrueux s’appelle monoculture.

Ainsi, tandis que des méga-entreprises où personne n’est jamais responsable de rien ont réussi en un siècle à détruire la quasi totalité de la singularité alimentaire pour nous faire bouffer blé, riz, soja à gogo et si possible transgéniques, tandis qu’une poignée de paysans et jardiniers conservent des graines de variétés non officielles (pas mentionnées dans les catalogues = pas vendues par ces entreprises), ces mêmes boîtes ont déjà assuré les arrières en créant leur banque de semences perso sur une île en Norvège.
E la nave va.
Et les Fonds et autres Programmes continuent de faire paravent et pansement, financés qu’ils sont par ces mêmes compagnies nécrophages.
Et c’est la nef des fous.

Tu as par exemple ce matin BASF - le plus grand groupe chimique au monde selon Wikipedia - qui décide d’attaquer l’Union Européenne qui, au nom du principe de précaution, commence tout juste à sérieusement réguler l’usage des pesticides tueurs d’abeilles produits par ladite BASF (source). Angle d’attaque de BASF : excès de prudence dans le principe de précaution.
Non, je ne rêve pas : il reste 5% d’un endroit extraordinaire et nos gouvernements sont trop prudents ?!

Je pourrais rester sur cette dernière phrase coup de poing, je suis tellement en colère, mais je ne peux pas vous faire ça.
Alors qu’est-ce qu’on fait ?
On se barre, voilà ce qu’on fait. On prend le maquis du dedans les mecs, on se décolonise l’esprit fissa et plus précisément : on regarde bien ce qui se tient en face de soi, on voit la voracité et l’amoralité totale de cette bande de dingues affamés, on voit la rapidité avec laquelle ils avancent, on voit qu’ils n’ont plus besoin de se cacher, qu’ils ont les moyens et qu’ils vont vite, on respire, on s’assoit et on fait la liste de tout ce qu’on ne va plus jamais leur donner, on sort de la torpeur, on tourne le dos, on dit non, non, non et non, et si on y arrive pas d’un coup on encourage tous ceux et celles qui disent déjà non.

Ce qui revient à comprendre que si la bouffe du Super n’est pas chère c’est qu’il y a des tas de subventions dedans mais que si tu inclus tous les coûts cachés le rapport s’inverse. Ce qui revient à décider de manger local et bio (labellisé ou pas, on s’en fout). Ce qui revient à partager ta bagnole, à sortir d’EDF, à chercher à bosser pour des trucs qui ont du sens pour toi (ce qui va revenir à prendre le risque d’une période de chômage), ce qui reviendra peut-être même à engager définitivement ta vie dans ce combat car c’en est un et quand ta détermination te fera parfois peur souviens-toi très simplement que radical veut dire "à la racine", ce qui reviendra à arrêter de te sentir bizarre à voir tout ça, car non petit humanoïde, tu n’es pas bizarre, tu es juste vivant.






Twitter FacebookRSS

Ce site est proposé par

Cliquez ici pour voir tous nos livres.
<p>Mes adresses, trucs, conseils</p>
C'est La Seiche qui pèche !
Dans l'océan du net plus de 1000 adresses fiables, éthiques et bio.


Zoom de la semaine

Rencontres avec des passionnés

Et pourquoi une seiche ?

Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?