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(2 février 2013)

Colibris : la non-révolution

Vous vous souvenez de la non-campagne de ce mouvement organisé autour des très belles idées et pratiques agro-écologiques de Pierre Rabhi ?

Le thème en était "Tous candidats" ! Et le but n’était bien évidemment pas le pouvoir mais montrer que nous pouvons tous et toutes faire notre part, avancer dans des alternatives très concrètes, bref, cesser d’attendre qu’on le fasse pour nous ce monde meilleur et y aller.

Après quelques forums dans toute la France, le Plan des Colibris a été présenté il y a quelques jours à Paris devant 3000 personnes venues de toutes la France qui n’ont, hélas, pas toutes pu assister à l’événement porté par Pierre Rabhi.

Après lecture de ce Plan (je vous le recommande), il me vient plusieurs réflexions que je voudrais partager avec vous. Bien évidemment, la société qui y est espérée est tentante et probablement fort possible à réaliser. Et ce n’est pas une utopie : énormément d’initiatives alternatives le disent assez, en France comme ailleurs, il est parfaitement possible de vivre bien "autrement", c’est l’évidence même... Manque juste la volonté politique permettant de passer de quelques initiatives à une vraie perspective collective. C’est là que ça se joue et là que les Colibris qui fédèrent beaucoup d’initiatives se positionnent avec leur (R)évolution.

> Le premier problème (en tout cas ce qui me pose problème) c’est la revendication "On ne blâme personne." Ah bon ? Mais comment prendre en charge alors la transition des esprits ? Comment ne blâmer personne et donner un sentiment de justice aux citoyen-nes de plus en plus floué-es par le système ? Tu ne peux pas juste avoir un monde meilleur d’un coup : il faut une vraie transition, c’est-à-dire une phase structurée où, pour le dire vite, le nouveau peut dialoguer avec l’ancien avant qu’une autre éthique prenne le pas. C’est, par exemple, ce que réussissent très bien le Prix Pinocchio et le Crad40.

Car l’un des faits marquants de l’ancien monde c’est l’injustice banalisée, la dé-responsabilité politique, environnementale et sociale. Et pour qu’on reprenne confiance, il faut que la justice puisse s’exercer sur ces points et que les responsables de ce b.... ambulant de crise globale soient sanctionnés. Car l’impunité, la non-désignation de responsables, fait le lit de la dé-responsabilisation. Donc, ne blâmer personne tout en prônant la re-responsabilisation me semble bien naïf.

> Le second problème c’est l’écologie. Semer c’est magnifique et j’en suis à 200%, semer, s’aimer, polliniser les idées, agir sur le terrain, tout, c’est super mais, 3000 personnes sur 60 millions de Français ce n’est rien. Certes, comme les Colibris le disent très bien eux-mêmes, ce mouvement n’est qu’un relais. Un relais important qui pourrait être amené à faire levier un jour, mais pour l’instant un relais qui ne révolutionne rien au niveau du pays. Ce mouvement n’est pas une révolution et ne devrait pas y prétendre car nous sommes aussi face à une crise d’étiquettes où l’on range tout ce qui est alternatif sous la bannière écolo. Or, en France, l’écologie est un parti compromis doublé d’une nébuleuse moribonde, ainsi que l’a montré F. Nicolino dans son livre, Qui a tué l’écologie ?

Cela dit, Colibris est l’indice d’une évolution, et je le pense, mais elle risque de prendre du temps car nous sommes en France où l’écologie a une histoire particulière, qui n’est pas précisément le pays de la souplesse, de la non-violence et de la jeunesse (souvenez-vous des travaux de l’Observatoire de la Jeunesse qui montrent que notre pays n’aime pas ces jeunes - ici et )...

Pour attirer, les Colibris esquivent donc le politique, tamisent l’écologie et tentent de rendre le tout séduisant. Pourquoi pas ? Mais je gage que l’impact aurait été encore plus fort en organisant leur rencontre à Notre-Dame-des-Landes où se tenait, par exemple, ce week-end un atelier de "Désintoxication à la langue de bois".

Bonus :
Aux Colibris de la région Centre, un prochain "Jardin des Rencontres" se fera le vendredi 22 février à partir de 19h à Veyrac (10 min au nord de Limoges). Si vous vous posez des questions comme : "je suis motivé, mais je ne sais pas ce que je peux faire en limousin", "j’ai une bonne idée, mais je ne sais pas si d’autres y ont pensé ou si ça se fait déjà et en plus je suis tout seul", "nous sommes déjà en asso’ et avons besoin de bras pour telle ou telle action", Pour les infos pratiques, demander part mail à Jenny : jenny.braeckman (a) gmail.com.






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?