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(5 janvier 2012)

Ce sera l’altruisme ou rien

On trouve parfois des perles sur les aires d’autoroutes, ainsi des numéros d’anciens magazines vendus par lot de trois ou quatre, dépassés depuis un an.
Notre choix : un "pack Psychologies Magazine". Du lourd.
Passons sur ces dizaines de pages "émois, et moi, et moi", sur le leitmotiv incessant "demandez conseil à un thérapeute" et sur l’entretien des stars "comme vous et moi" quand soudain, une perle, une vraie.

"Psychologies : Pourquoi, selon vous, ce soudain intérêt pour des valeurs comme la gentillesse ?
Matthieu Ricard : Nous prenons conscience que l’empathie, l’altruisme, la coopération, la gentillesse font partie de notre nature. Mais cela n’a rien de nouveau : Darwin, déjà, parlait de la nécessaire entraide chez les humains et chez les animaux, et Adam Smith insistait sur l’importance, en économie, de la coopération. Seulement, dès le début du XXe siècle, des perspectives dogmatiques se sont imposées pour renier ces idées. Freud a décrété que l’altruisme était une compensation du désir de faire du tort aux autres, donnant ainsi le sentiment que l’égoïsme était un signe de santé psychique ; des économistes ont affirmé que l’altruisme était nuisible à la productivité ; des scientifiques, tel le biologiste Richard Dawkins, ont parlé du ’gène égoïste’ ; des philosophes comme Ayn Rand ont vanté ’la vertu d’égoïsme’... Mais, aujourd’hui, on en revient. En psychologie, les études de Daniel Batson montrent que l’altruisme véritable existe ; en économie, Ernst Fehr prouve la nécessité de prendre en compte cette valeur dans l’élaboration des modèles économiques... Autant de courants d’idées qui sont en train de changer nos cultures.

Mais pourquoi maintenant ?
M.R. : Parce qu’avec la globalisation nous sentons bien que nous sommes tous sur le même bateau. Face à la question écologique, face aux écarts entre riches et pauvres, et entre Nord et Sud, nous comprenons bien que l’heure n’est plus à la compétition mais à la coopération. Sans quoi, nous serons tous perdants. Et, à l’échelle individuelle, nous mesurons bien que cet égoïsme et cet individualisme font notre malheur. Ils sont la cause de notre sentiment de solitude, de nos ruminations excessives, de nos déprimes..."

C’est le début d’un entretien avec Matthieu Ricard, dans le cadre de "La journée de la gentillesse 2010" (n°301). C’est bon n’est-ce pas de lire ça ?!

Vous ne connaissez pas Ayn Rand ? Ses livres prônant une éthique de l’égoïsme sont pourtant de francs succès outre-Atlantique, tout de suite après la Bible. Et quant à la façon dont certaines idées de Freud sont appliquées au quotidien dans la société, lisez Propaganda d’Edward Bernays, neveu de Sigmund, qui se chargea d’appliquer les idées de tonton à la digne fille de l’industrialisme : la publicité.

Les idées peuvent changer, les humains aussi, il y a donc de l’espoir.
Bonne année.






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