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(6 juillet 2014)

Bords de mer, les livres de l’été

Une petite pause dans le Journal de campagne des Changeurs de monde pour vous parler de trois livres complémentaires à vous mettre entre les mains en bord de mer comme ailleurs.

Ces îles qui pourraient disparaître est une étude compacte pleine d’humanité réalisée par un duo de chercheurs passionnés... et inquiets. Que va-t-il se passer pour les 4 millions de personnes qui risquent de voir leurs îles englouties par l’élévation du niveau de la mer ? Mais avant tout qu’est-ce qu’une île corallienne ? Comment ça fonctionne ? Pourquoi les plus gros pays ne s’intéressent -ils pas aux solutions mises en oeuvre sur ces petites perles océaniques ? Et surtout, au lieu de déplacer les populations menacées quand il sera trop tard, pourquoi ne pas développer d’urgence des stratégies d’adaptation ?

Avec Baz-Maru et la fille du vent reste dans l’océan et on pousse en grand les portes d’un imaginaire où Maëlle Fierpied raconte rien moins qu’une épopée. Foisonnante, élégante, son écriture me rappelle celle de Jennifer avec ses Sylvaners. Alors de quoi s’agit-il ? D’océan encore ! Aéris grandit dans un zoo marin et y a un jour un accident. Quand elle se réveille, sous des milliers de mètres cubes d’eau, elle respire et un garçon à la peau bleue se tient près d’elle. Pour se débarasser des branchies qui lui sont venues, Aéris va devoir suivre Baz-Maru au fond des océans, nager avec les épaulards et traverser les eaux polluées du Pacifique. Au terme d’une initiation réciproque entre les deux et entre deux mondes, Aéris deviendra la fille du vent... et moi, je suis à quai depuis que j’ai terminé le roman en espérant la suite !

Au fait, à propos d’océans et de mer pollués, vous êtes au courant qu’il y a un problème, non ? Qu’une plaque énorme de déchets flotte dans l’océan Pacifique sans qu’aucun gouvernement ne se bouge les miches pour régler le problème. C’est une des "causes" qui me met le plus en rogne voyez-vous.

Régulièrement, je me dis : mais c’est pas possible, tout le monde s’en moque à ce point ! Et là, bing, une lueur, un artiste taïwanais, Wu Ming-yi, vient d’amener ce problème à la lumière de tous dans un roman magnifique. L’homme aux yeux à facettes vient d’entrer dans mon top 20 des livres les plus créatifs, intelligents et incitatifs. On ouvre le livre et on plonge dans le hors-temps de l’essentiel où les hommes de l’île de Wayo-Wayo doivent quitter leur terrain connu pour le grand large. File et vogue Atihei, file et vogue sur l’océan merveilleux et échoue sur un continent de déchet où tu survis, t’adaptes et perds le contact avec toute la beauté de tes racines. En plein océan, flottant sur ce continent de merdes, Atihei, ce jeune homme essentiel nous regarde. A dire vrai, il ne m’a pas quitté des yeux de toute la lecture, porte-parole des créatures muettes que notre bêtise massacre. En écho à sa traversée, Alice se tient dans sa maison du rivage, en lambeaux, lourde de toute l’absurdité dépressive de nos contemporains, pleine d’amour non donné, mal donné, de chemins tordus et de solitude. Ils se rencontrent dans la catastrophe, ils ne tombent pas amoureux (ouf merci), ils se tiennent là et avec eux d’autres personnages forts à nous dire : regarde, réveille-toi, agis. C’est une lecture qui vous met KO, vous irrigue l’esprit avec de véritables tableaux de vie, d’une puissance créatrice inouïe servie par une traduction impeccable. Je n’exagère pas. Préparez-vous.

Au fait, à propos d’océans et de mer pollués, vous êtes au courant qu’il y a un problème, non ? Que les déchets ne font pas que former des îles, ils plongent également dans les profondeurs des mers.

Que, par exemple, "La Mer Méditerranée est considérée comme l’une des mers les plus polluées du monde. François Galgani, océanographe biologiste, dresse un bilan peu glorieux de la situation : déchets multiples, 500 tonnes de micro-plastiques en surface, des milliers voire des millions de tonnes de déchets sur les fonds. Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, plus de 100 000 mammifères marins ainsi qu’un million d’oiseaux meurent chaque année des conséquences de cette pollution." Ecoutez-le sur RMC.

Et toutes ces merdes, soit "99% des déchets plastique, disparaissent dans les océans et sont alors colonisés par des communautés de bactéries dont la plupart sont inconnues des scientifiques" (Courrier International).






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Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?