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Bruno Lorthiois, l’écologie en association

(modifié: février 2013)

Située à Vauvert, l’association de loi 1901 Alter’Eco 30 a été créée par Bruno Lorthois dont le cheminement rejoint celui de personnes de plus en plus nombreuses qui décident de retrouver leur autonomie.

>> Comment ça vous est venu les alternatives ? Vous êtes tombés dedans petit ou bien plus tard ?
Sous la douche.
Et justement elle était froide !
En plein été, avec 40°C à l’ombre, je prenais ma douche alimentée par un vieux chauffe-eau à gaz qui faisait : froid, froid, froid, chaud, froid, froid... J’ai brusquement été saisi par l’incohérence de la situation : des milliers de kilowatt heures d’énergie solaire tombent gratuitement dehors et moi en train de brûler une énergie fossile pour une douche électrochoc. A cet instant j’ai décidé d’agir pour transformer les éléments de notre environnement en quelque chose de cohérent.
Ensuite, les perspectives se sont élargies et à Alter’éco nous évoquons également des thématique plus centrées sur l’humain : les besoins de l’enfant, la pédagogie, l’alimentation, la santé, le besoin de relation, etc. Cette liste peut paraître disparate mais à bien y regarder, on constate que tous ces éléments, et d’autres encore, sont en inter-relation constante les uns avec les autres. C’est en découvrant l’importance de ces inter-relations dans notre vie, avec nos enfants, que j’ai eu envie d’essayer de décrire celles qui me paraissaient les plus importantes et de les partager sur le site.

>> Alter’Eco propose des stages depuis 2009. Quels sont les domaines abordés ?
Nous avons un stage d’auto-construction de cuiseur solaire parabolique, un modèle que nous avons conçu et expérimenté durant deux ans avant de la diffuser. L’idée était d’imaginer un outil fonctionnel, puissant et facile à construire qui permette de cuisiner aussi vite que sur une gazinière ou une plaque électrique.

Nous avons ensuite voulu proposer une approche globale des techniques et principes pouvant mener vers plus d’autonomie. Les "Journées de l’autonomie" ou trois jours pour aborder trois thématiques : l’énergie, la construction et l’agriculture-l’alimentation.

Un stage " Préparation d’un projet d’auto-écoconstruction" est ensuite né. Je l’anime avec un ami qui est inititateur d’un réseau d’auto-écoconstructeurs, Rahmabaman. Il y aussi l’"Auto-construction d’éolienne" avec l’association Tripalium.

Et enfin, Anne propose des ateliers pédagogique pour enfants selon la méthode Montessori durant les vacances scolaires.

>> Les animateurs des stages sont bénévoles... De quels horizons viennent-ils/elles ?
Il n’y a pas beaucoup d’animateurs. Maxime, prof d’économie à la retraite co-anime le stage éco-construction, Anne, professeure des écoles à mi-temps, s’occupe du pôle pédagogie et pour ma part, je suis agriculteur.

>> Dans votre lieu de vie, vous expérimentez un « système d’organisations naturelles » - vous pouvez préciser un peu ?
Un peu, c’est dur.
La nature s’organise selon à la fois des lois de compétitions et de symbiose (associations bénéfiques). Ainsi, un organisme vivant, qu’il soit bactérie, champignon, insecte, plante ou animal va pour lutter contre la concurrence (à la lumière, à l’eau, à la nourriture) établir des ententes coopératives avec d’autres organismes. Cette relation peut le lier à un ou des organismes de même nature (une plante qui coopère avec une autre plante), ou avec un organisme de nature différente (une plante et un insecte). C’est de l’étude et de l’observation de ces mécanismes que nait, pour l’humain, de nouvelles possibilités d’organisation de son environnement.

Par exemple, en agriculture ou art de nourrir les hommes, les champignons souterrains coopèrent avec la plante de la façon suivante :
(champi) - Je m’étends rapidement et colonise un volume de sol jusqu’à 1000 fois supérieur à ce que tu peux atteindre avec tes racines, je capte l’eau et les nutriments dont tu as besoin là où tu ne peux aller et les transporte jusqu’à tes racines, j’occupe le terrain et empêche des champignons pathogènes de t’atteindre.
(plante) - Je te donne les éléments nutritifs notamment les sucres dont tu as besoin en les exsudant de mes racines et en surface le bois mort de mes tiges et branches tombées au sol te nourrissent de leur lignine.
Le résultat de cette entente pour la plante : une exceptionnelle résistance à la sécheresse, une très forte croissance et un état sanitaire optimal !

C’est un exemple pris dans la multitude des association bénéfiques qui œuvrent continuellement dans la nature.
Un "système d’organisation naturelle", c’est simplement essayer de respecter ces relations coopératives et si possible de les favoriser par les choix que l’on fait de techniques ou de stratégies particulières. Dans le cas des champignons souterrains, c’est par exemple ne plus brûler les broussailles et déchets de taille mais les broyer et les répandre aux alentours des plantations comme nourriture permettant le développement des champignons souterrains (le BRF). Un geste simple mais une révolution pour la vie du sol et sa fertilité.

N’oublions pas que notre agriculture est "pétro-dépendante", sans cette énergie fossile non renouvelable nous ne produirions presque rien. Voici donc une piste de recherche et d’expérimentations pour une agriculture autonome, on pourra peut-être dire un jour "auto-fertile". Pour terminer, on pourrait imaginer que ces principes d’organisation naturelle puissent être appliqués a bien d’autres domaine que l’agriculture... à méditer.






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