La question des semences est actuellement capitale pour l’avenir du vivant.
En effet, depuis la Révolution verte, en Europe, la quasi-totalité des variétés anciennes gratuites ont été remplacées par des semences hybrides (croisement de variétés plus résistantes nécessitant des engrais de synthèses) payantes et inscrites sur un catalogue général officiel. Hors de ce catalogue, point de salut pour le semeur.
Avec les OGM ce sont carrément des semences modifiées et brevetées qui se baladent en plein champs sans que de réelles observations scientifiques indépendantes aient été avancées (à l’exception à ma connaissance, en France, des travaux du Crii-Gen). De plus, les paysans n’ont juridiquement pas le droit de réutiliser leurs semences d’une année sur l’autre.
C’est courant depuis quelques temps dans l’hémisphère sud et ça commence en Europe : les paysans refusent haut et fort de payer pour pouvoir replanter leurs cultures.
Donc vous l’aurez compris : du choix de la semence dépend beaucoup... et c’est ainsi que planter ses choux est en train de devenir un acte de résistance.
Depuis 30 ans, Biau Germe rassemble une vingtaine de producteurs en bio qui proposent également des variétés anciennes.
Les associations Kokopelli et Germinance diffusent aux particuliers des semences anciennes. Particularité de Kokopelli : ce sont les seuls à refuser l’inscription de leurs semences au catalogue officiel - chapeau !
En Suisse, Sativa fait la même chose en lien avec la biodynamie (label Demeter).
La Ferme de Sainte-Marthe dispose d’un catalogue de plants bio (légumes, fruits, fleurs, herbes) très complet et le Jardin de Sauveterre d’un splendide catalogue de fleurs sauvages.
Ailleurs dans le monde, les paysans pauvres sont obligés de racheter des semences d’une année sur l’autre car ce sont des semences génétiquement modifiées pour ne pas se reproduire. En plus des dommages sanitaires et environnementaux, c’est une grande violence faite à leurs savoir-faire, à leur pratique et à la terre qu’ils travaillent.
La Via Campesina se bat pour que les paysans reprennent le contrôle des systèmes alimentaires. Inf’OGM vous informe en toute indépendance.
> Ici Christian Velot définit précisément les hybrides F1 et les OGM (20min).
>Et là un bon petit film (19’) éclairant sur la question des semences.
>Lire aussi, Semences : l’invisible guerre et Flore.
























