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Thierry Thévenin : simple cueilleur

(modifié: février 2012)

Entre son Jardin des Herbes de vie et la présidence du syndicat des Simples (ou Syndicat Inter-Massif pour la Production et L’Économie des Simples), Thierry Thévenin vit au rythme des plantes : harmonieusement. Que ce soit dans des stages, des conférences ou par ses bonnes tisanes, cette passion le mène.
Et il en faut quand on sait que la législation française considère comme illégal le fait de conseiller l’usage d’une plante pour soulager nos petits maux. En plus de partager sa passion, il s’agit donc de revaloriser l’herboristerie et aux Simples, on compte une centaine de producteurs qui partagent la même passion.

Est-ce que vous venez d’une famille de cueilleurs ou est-ce que vous avez fait un choix de vie ?
> Les deux. Nous venons tous sans exception d’une famille de cueilleurs et j’ai simplement fait le choix de tenter de continuer la "tradition". L’activité de cueillette représente 99% de l’espace temps de l’aventure humaine, on l’oublie souvent, mais c’est pour cela qu’elle exerce un tel impact sur notre imaginaire et nos espoirs quand on se tourne vers la nature.
Ceci dit mes ancêtres récents étaient des paysans (pas mes parents, mais tous mes grands-parents). Ils pratiquaient la cueillette de plantes médicinales, le gui, le houx en hiver, le cresson, l’ortie et les pissenlits au printemps, le reine des prés, le tilleul en été, les champignons... et quelques lapins ou perdrix à l’automne. Ils soignaient bêtes et gens autant que cela était possible et raisonnable avant d’aller voir le médecin ou le vétérinaire lorsqu’ils ne savaient plus. La menthe, la guimauve, l’origan, la mélisse, l’ail, le chou ou le poireau étaient les premiers gardiens de la santé au jardin. Mon arrière grand-mère fabriquait invariablement ses potions à l’eau de vie (chartreuse, alcoolature de pétale de lys, arnica...).
Bref mes ancêtres étaient simplement des paysans.
J’ai fait le choix de tenter de garder, de continuer et de défendre dans ma vie privée et professionnelle ce qui me semble être le meilleur de cet héritage.
J’ai fait le choix, autant que cela m’est possible, de cueillir ce que la terre de mon village, des contrées où je passe (ma génération est très mobile !) peuvent offrir de ressources végétales, alimentaires, médicinales.
Je crois que la cueillette est l’activité primordiale qui peut garantir la préservation de notre humanité profonde. Elle nous invite inévitablement tôt ou tard à la réflexion, au respect des équilibres naturels et à l’apprentissage, à la découverte des lois de la vie.

Comment vous êtes-vous formé à votre métier ?
> Par tous les moyens possibles ! Et cela n’est pas achevé. J’ai malheureusement reçu très peu de transmission technique directe de mes aïeux, mais je crois que ce "peu" est le fondement de mon attitude à mon métier, à l’environnement et à la vie en général.
J’ai d’abord été directement vers l’expérience, j’ai commencé à cueillir, à sécher, à tenter de vendre mes plantes en parfaite "innocence", très vite j’ai compris ou plutôt senti que je pouvais faire des bêtises, soit avec la flore, soit avec ceux qui auraient pu consommer mes produits (au départ c’était une activité privée qui ne dépassait pas le cadre de ma famille et de mes amis). Aussi, rapidement, j’ai suivi deux formations spécialisées, une formation agricole au CFPPA de Nyons (26) et une formation d’herboristerie à l’Association pour le Renouveau de l’Herboristerie (75). Ensuite, j’ai suivi des formations botaniques (Station universitaire du Limousin, Société botanique du Centre Ouest), les séminaires ethnobotaniques de Salagon (04).
J’ai eu la chance de croiser le chemin de quelques personnes extraordinaires qui ont donné du sens, de la joie et de la confiance pour continuer mon chemin. Je veux notamment remercier ici Pierre Lieutaghi et Gérard Ducerf.
J’ai eu la chance de pouvoir "enseigner" à quelques centaines de stagiaires de différents centres de formations agricoles ou dans les stages publics que j’organise. C’est à elles et eux tous que je dois certainement le plus. C’est vraiment en voulant transmettre son métier qu’on l’acquière le plus complétement.
Les plantes elles-mêmes sont les véritables enseignantes, elles bousculent, questionnent, suggèrent, proposent sans cesse.

Quelle est la difficulté que vous avez rencontré pour créer votre activité ?
> En fait, j’ai envie de dire que je n’ai pas rencontré de difficulté vraiment importante, ou bien je n’y pas prêté beaucoup d’attention. En tout cas pas de difficulté qui serait particulière à cette activité là. Je ne sais pas. Les difficultés techniques économiques, administratives, réglementaires, etc. que j’ai pu rencontrer me semblent être après réflexion, banales et communes à tous les métiers dans notre société actuelle.

Il y a eu une formidable "Fête des simples" à Vassivière l’automne dernier proposée par le Syndicat des SIMPLES. Est-ce qu’il y a eu beaucoup de monde ? Avez-vous de bons retours ?
> Nous avons accueilli environ 6000 participants sur deux jours. Le rendez-vous a encore une fois fonctionné (c’était la 6e édition et chaque année entre 4000 et 7000 personnes viennent dans des villages de la "France profonde").
Nous avons eu une majorité de témoignages positifs qui décrivaient une fête paisible, riche de rencontres et d’échanges. On peut aller écouter les conférences sur le site des Simples et voir quelques images sur Télémillevaches ou sur la chaine Demain.
Nous donnons rendez-vous en Ariège, à la Bastide-de-Sérou les 29 & 30 septembre prochains pour la 7e fête des Simples. le thème sera justement "La cueillette, des hommes, des femmes et des plantes de la préhistoire à nos jours".

Thierry Thévenin ouvre régulièrement son jardin pour vous apprendre ce qu’il sait (voir Flore).
(Février 2012)



Vos commentaires

  • Le 30 août 2014 à 18:22, par auteur balastegui en reponse Thierry Thévenin : simple cueilleur

    je cherche des plantes qui soignent mes rhumatismes ; feuilles de cassis , prele , arenaria, reine des près, ecorce de bouleau, laisser message dans ma boite , je n’ai pas internet a la maison ou 0688550010, en echange de mon savoir de plaquiste ou en euros...je suis sur toulouse




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