... si futur il y a, seront ceux qui se souviendront de la beauté du monde et feront tout pour la retrouver.
Ainsi, après Rio naturellement, il y aura à l’avenir de Grandes Expéditions Dépolluantes et chaque pays rivalisera d’ingéniosité et de panache pour être à la hauteur de la mission.
Ainsi, déjà, même s’ils ne sont qu’une poignée et encore bien trop timidement soutenus, tandis que l’expédition OSL (Ocean Scientific Logistic) répare son safran au Mexique en attendant d’aller explorer le 7e continent dans le Pacifique, celle de MED qui fait le point sur la micro-pollution en Méditerranée progresse.
Et vous propose un zoom unique sur les dessous de Cannes :
Vous ne m’en voudrez pas de parler très directement ici d’un chantier dont je m’occupe.
Je n’aimerais pas que se reproduise ce qui a déjà eu lieu lors de la première révolution industrielle - à savoir que les citoyen-nes soient à nouveau privé-es de tout accès démocratique et transparent à l’énergie. Avec les énergies renouvelables ce serait dommage.
Dommage aussi de les voir se développer uniquement, ou presque, pour les pays riches, laissant encore une fois sur le carreau des millions de gens.
Depuis quelques années je travaille sur un projet passionnant, indépendant et innovant. Vu la lenteur de la transition énergétique et la morosité écologique ambiante, nous avons décidé de partir en campagne.
Et si ce n’est pas bien clair, vous pouvez compléter par cette vidéo de 1 minute.
La page de campagne est ici parce que oui, la question de l’accès à de l’énergie non-polluante est une question politique.
"Lors d’une élection, disaient-ils, le citoyen ’donne sa voix" au candidat de son choix. Mais, alors, cela signifiait que le citoyen ’restait sans voix’ après l’élection. Pendant tout le temps du mandat, le citoyen n’avait plus ’voix au chapitre’, c’est-à-dire qu’il ne pouvait pas ’faire entendre sa voix’ auprès des élus. Ayant perdu sa voix, il n’avait plus aucun ’droit à la parole’. Ainsi, donner sa voix, c’est abdiquer, démissionner, se démettre. C’est déjà se soumettre. Faire allégeance. Promettre l’obéissance. Le citoyen ne doit donc que ’prêter’ sa voix à celui qu’il veut élire, et cela seulement pendant le temps de l’élection. Aussitôt après, il doit en reprendre possession et se faire entendre chaque fois qu’il le jugera nécessaire. Sans cesse, le pouvoir des élus doit être régulés par la vigilance des citoyens."
In Entrer dans l’âge de la non-violence, J.-M. Muller, édition Le Relié, 2012, p. 23-24.
A quoi on peut penser tout de même en lisant un livre pour enfant... Les femmes du mouvement Chipko en Inde attachées à leurs arbres pour les défendre, une lutte en ce moment des habitants du Timor pour un libre accès à leurs ancestrales forêts, et avant cela en Russie il y a si longtemps quand l’état commença à accaparer les forêts, privant paysans et rebelles de ce refuge naturel. Et l’an passé, ou celui d’avant je ne sais plus, David Cameron qui s’était mis dans l’idée de vendre les forêts anglaises à des investisseurs étrangers pour renflouer les caisses !
Que sont nos forêts devenues ?
Tout le monde aime les arbres, n’est-ce pas ? Certains même plus que d’autres. C’est le cas de cette petite Shai-Lin qui comme Brassens voudrait bien rester auprès de son arbre si différent des autres puisque c’est un saule pleureur joyeux luron... jusqu’à ce qu’elle se lie à lui pour le défendre.
Quelle belle histoire ! Et comme c’est bon de voir entrer des gestes de résistance non-violente dans des livres pour enfants !
Le texte est de David Foenkinos, les illustrations de Soledad Bravi.
C’est un fait, si la vie campagnarde attire de plus en plus pour tout un tas de bonnes et mauvaises raisons, la majorité des gens vivent en ville.
Or, rappelons-le, si vivre en ville peut être source de plaisirs fantastiques, de rencontres magiques et de défis professionnels, si l’on se place du strict côté de nos besoins vitaux, c’est rude.
Car vivre en ville revient souvent à se loger hors de prix, acheter tout ce qu’on mange et qui vient généralement de fort loin, respirer un air pollué, payer pour boire de l’eau et se chauffer. Ce qui arrive aussi à la campagne me direz-vous. Sauf qu’on peut plus facilement cultiver son jardin, voilà.
Alors pour se diriger vers un peu plus d’autonomie et raison citadine garder, pourquoi pas se lancer dans un potager bio ? Sur le balcon, la terrasse, le toit, sur un terrain partagé, dans la courette... oui pourquoi pas ?
Avec Mon potager bio en ville l’affaire devient inratable ! Plein d’humour et avec une grande clarté, les auteurs vous familiarisent avec les règles de base du jardinage. Généreux, ils livrent toutes leurs bonnes astuces, fruit de leur propre expérience. Allez, lancez-vous, vous verrez : voir pousser ses tomates égale en plaisir quelques bonnes expos !
Mais prudence, le potager est addictif et l’expérience peut vous mener loin. Regardez celui-ci devenu berger à Bagnolet (ici), ou cet autre qui a fondé la Ferme du Bonheur à Nanterre (là)...
N’est-elle pas à croquer cette petite cabane de jardiniers ? Si vous avez déjà envie d’aller plus loin et que le livre ne suffit pas, filez donc au sud de Grenoble et participez à un stage Terre Vivante : apiculture, jardinage de fleurs ou de légumes, cosmétique... Quel que soit votre niveau, vous découvrirez l’esprit de Terre Vivante, une équipe de passionnés qui font vivre ce domaine depuis 1979 avec des rencontres, une revue légendaire, des éditions... Le 28 mai, le centre fait sa journée Portes Ouvertes.
Mais par où commencer pour rendre compte de cette simplicité et vous donner envie d’aller lire tranquillement ce petit livre ?
S’indigner tout-e seul-e ne suffit pas - on le voit assez.
Se relier pourrait être l’étape suivante. Se relier à d’autres, se relier à tout ce qui nous compose, se relier du dedans à notre environnement.
Je sais bien que souvent les citadins s’enivrent du premier champ transgénique croisé dès qu’ils quittent les abords de leur ville. Il y a nature et nature... Mais la nature, la vraie, celle dont notre vie dépend à tout instant, n’a rien d’un papier peint. Faites ce cadeau à tous ceux et celles que vous aimez : Merci la Terre ! Aidez-les à (r)ouvrir leurs beaux yeux !
C’est tellement simple.
C’est toujours tellement simple.
Une des choses à modifier dans nos vies à tous c’est notre regard sur les autres. Notre regard culturel surtout. Les Espagnols sont comme ci, les Marocains comme ça et les Bretons n’en parlont pas ! C’est terrible, n’est-ce pas ? C’est assez difficile de modifier son regard mais l’exercice est intéressant.
Tenez par exemple notre regard sur les pays sous-développés. Une bonne génération de gens parfaitement sympathiques des pays dits riches ont sincèrement longtemps pensé qu’il fallait "développer" les pays dits pauvres.
Mais riches de quoi ? Pauvres de quoi ? Développer quoi exactement ?
Dans la même veine, on a longtemps pensé que les pays méditerranéens si chers à mon corrazon étaient "en retard", hein ?
C’est vrai que l’Italie a refusé le nucléaire par référendum depuis longtemps. Berlusconi et sa clique bling-bling s’en sont allés avant celle de Sarkozy et, dites, un humoriste gonflé, Beppe Grillo, fédère et incite les gens comme-vous-et-moi à entrer en politique.
C’est vrai qu’en Grèce comme en Espagne, les Indignés n’ont pas de sang de navet. Ils sont là et bien là. Et comme l’indignation de suffit pas, on voit hélas les terreurs de Chryssi Avghi entrer au Parlement mais aussi et surtout Syriza, la gauche radicale avec 16% y faire une percée toute en rupture et propositions au milieu des ruines des partis dits historiques.
Pareil pour ces pays du Nord où il ne se passe soit-disant jamais rien. En Finlande, une situation tout à fait hallucinante s’est produite lors de l’élection présidentielle de février dernier puisqu’au second tour se sont opposés Sauli Niinistö, candidat de droite (la droite finlandaise étant l’équivalent de la gauche caviar française) face à, tenez-vous bien, un candidat écologiste et homosexuel, Pekka Haavisto.
Même si c’est "ouf" et qu’on respire mieux depuis hier soir, personne ne sait en France si ce sera un socialisme de façade, ou pas. Si nous serons à la traîne ou à la pointe des vrais changements de société. Si, comme pour Obama, ce sera une bouffée d’espoir suivie d’un long statut-quo politique et social (juste deux exemples, le Patriot Act a été reconduit jusqu’en 2015 et la fin de la guerre en Afghanistan n’a pas été décidée).
J’avoue que j’attends les prochains tours de piste électoraux avec impatience ! C’est la première fois que je pense que, politiquement, il se pourrait (dans tous les usages possibles et imaginables du conditionnel) que la donne européenne change réellement dans les années à venir et que des solutions autres que celles des marchés économiques à la crise sociale et écologique commencent (il n’est jamais trop tard) à réellement passer au premier plan.
Reste que toutes les tensions vont inévitablement se renforcer et qu’en face, ils vont s’accrocher pour garder privilèges, impunités judiciaires, permis de polluer et sauf-conduits, ils savent le faire et en ont les moyens.
Reste que nous ne devons plus laisser les hommes et femmes politiques occuper le terrain pour nous : l’occuper avec eux. Occupy tout, tout le temps et on s’en sortira.
Même si... tout ce qu’on voudra, ce qui l’attend, ce qui nous attend, ce qui est là, ce marché qui domine tout, les illusions, le théâtre, les promesses, même si tout, un peu comme quand ce fut Obama, tout de même, ouf.
Hollande ? Pas Hollande ? C’est une petite vidéo d’un dernier projet en cours des Mutins de Pangée - une coopérative qui produit des films d’utilité publique (j’y reviendrai).
Hollande ? Pas Hollande ? Si vous avez manqué la première annonce, régalez-vous les neurones de cet excellent édito d’Alain Hervé.
Hmmm, étonnant, aucun journal n’a encore titré sur Le Hollandais volant. Dommage, le rapprochement était pourtant servi sur un plateau.
On vit une époque de monoculture. Tant qu’on s’en contente, tout va bien. Dès qu’on sort du rang, le constat est affolant.
Des tas de documentaires, livres, articles en parlent, qui sont très peu par rapport à la masse de documentaires, livres, articles produit par ce que j’appelle "la culture de mort", c’est-à-dire celle qui ne fait rien pour favoriser en nous l’autonomie, la créativité, la prise de responsabilité, la coopération, qui met la biodiversité en grand danger et nie la réalité de l’ampleur et de la complexité de la crise que l’humanité est en train de traverser.
Fort heureusement, la diversité existe ! Des petites bulles dans de grandes institutions (je pense à l’émission "Là-bas si j’y suis" sur France Inter) ou des friches entières pleines d’initiatives intéressantes.
Un des mythes de la monoculture c’est l’égalité.
Après bien des triturages de cerveau, je pense aujourd’hui que nous sommes tous inégaux mais que nous avons tous droit à un accès égal aux biens communs que sont l’air, l’eau, la terre, la nourriture, le logement, l’énergie, la santé, l’éducation, la culture.
Des biens de qualité, pas des sous-produits.
Or, dans la friche écologique actuelle telle que nous la percevons en France, on rencontre souvent la critique de l’élite et du repli.
L’écologie serait un truc de riches et relocaliser reviendrait à se replier sur soi.
Que font les gars qui roulent en 4x4 et qui adorent aller passer un week-end de fiesta à Ibiza en lisant Gala ? Ils imitent les riches. Alors si l’écologie est un truc de riches, bonne nouvelle, ça va se répandre vite.
Allons...
Oui, c’est souvent plus cher mais on sait bien maintenant que c’est uniquement parce que les alternatives ne sont pas soutenues, ou de façon anecdotique.(1)
Alors le risque de repli.
D’après ma modeste expérience, tous les alternatifs que j’ai pu rencontrer souffrent de leur isolement, très souvent dû au fait qu’ils doivent beaucoup cavaler pour à la fois vivre leur mode de vie différent et le rendre suffisamment rentable pour ne pas être engloutis. Cet isolement est une réalité pour beaucoup, mais par pour tous et de moins en moins d’ailleurs. La force des alternatives, dès lors qu’on se décide à se mettre en cohérence, c’est de balayer progressivement les peurs dans lesquelles le monde consummériste maintient les hommes. Et donc re-localiser, s’occuper de son entourage proche, de son environnement ce n’est pas se fermer l’esprit, au contraire, c’est le vivre autrement.
Les villes en transition ne demandent qu’à proliférer.
Les villages d’accueil comme Riace en Italie ne demandent qu’à montrer le chemin.
L’échéance présidentielle française se rapproche, d’ici quelques jours ce sera l’un ou l’autre.
Est-ce que cela changera quelque chose pour la qualité de l’air, de l’eau, des sols, de ce qui arrive dans vos assiettes ?
Est-ce qu’il y aura moins d’animaux martyrisés dans l’élevage industriel ?
Est-ce que ce sera vraiment moins corrompu ?
Engagé ? Optimiste et lucide ? Sans slogan mais avec des réalisations correspondant enfin aux attentes et aux besoins des gens ?
Est-ce que ce sera respectueux de la différence ? En esprit de coopération plus que de compétition ?
Est-ce que ce sera autrement ?
Sincèrement je ne crois pas et plutôt que chercher à convaincre qui que ce soit, j’aime mieux parler d’autre chose.
Savez-vous ce que c’est que le DIY ?
En anglais "do it yourself" - "faites-le vous-mêmes".
Il faut donner un nom à cela parce que par chez nous dans l’hémisphère nord c’est devenu, comment dire, exotique de faire des choses soi-même.
Or ma conviction intime c’est que le futur, si futur il y a pour notre espèce humaine, est là : entre nos mains.
Cela ne veut pas dire renoncer au politique, sûrement pas.
Cela veut dire admettre une fois pour toute que ce qui s’agite sur la scène médiatiquement politique ne font pas de politique : ils préservent leurs intérêts.
Leur tourner le dos, les laisser se détruire jusqu’à plus soif, et essayer de vivre autre chose en composant avec la déréliction de cette tragédie.
Il y a donc une mouvance qui n’est déjà plus dans les marges et qui monte comme une vague - celle du DIY/faites-le vous-mêmes.
Nos mains ont su maitriser le feu, la poterie, la roue, les techniques de l’acier et du nucléaire, nos mains savent construire des bombes et bercer des enfants.
C’est comme une pelote que l’on déroule, vous verrez c’est génial : vous pouvez commencer par n’importe quoi (faire vos vêtements, cuisiner...) et ça peut vous emmener très loin (produire votre énergie...).
Et l’on arrive à des choses étonnantes comme le réseau des villes en transition. Qui n’attendent pas que ça se décide et que ça se fasse pour eux sous les ors des salons politiques, qui retroussent leurs manches et prennent leur avenir en main. Eux-mêmes.
Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?