C’est carrément génial. Vraiment. Sur le site du Réseau "Sortir du nucléaire" tournent en ce moment 60 petits films envoyés par des gens - des vrais gens, pas endormis, préoccupés, plein d’idées, qui n’en veulent plus. Le message est clair : sortons du nucléaire, et vite. Le genre de spots qu’on aimerait voir partout, en boucle, partout.
Simplement une dose d’art brut, vrai, vivant, d’aujourd’hui, parfois contemplatif, parfois naïf, parfois léché, parfois fond de tiroirs, tout ça en vrac là d’un coup, bon sang ça fait un bien !!!
On peut voter jusqu’au 12 février - il y aura 8 lauréats pour le fun parce qu’en réalité ils sont tous super vainqueurs.
Je n’ai pas encore tout vu mais j’ai un gros faible pour Boum, Ca y est, ça revient et Atomic Baby.
Satish Kumar est Indien, né au Rajasthan en 1936. Ancien moine jaïn, il quitte les ordres pour contribuer au travail de Gandhi avec Vinoba Bave puis rencontrera Martin Luther King, Krishnamurti, Bertrand Russel ou encore Ernst Schumacher (celui de Small is beautiful). Actuellement installé en Angleterre, il est éditeur et rédacteur en chef de la revue Resurgence. Son autobiographie est parue l’hiver dernier chez Belfond, Tu es donc je suis.
Je n’ai pas encore terminé le livre mais en pleine guerre informatique, pirate, pas pirate, propriété intellectuelle ou pas, en partisane de l’accès libre je ne résiste pas à partager cette page épatante.
"Jésus, Bouddha, Mahomet ou Mahâvîra nous ont guidés. Vâlmiki, Shakespeare, Tolstoï, Jane Austen et bien d’autres auteurs nous ont inspirés. Les vies du Mahatma Gandhi, de mère Teresa et de Martin Luther King nous ont servi d’exemples. Aucun d’eux ne quêtait la gloire, la fortune ou le pouvoir. Bouddha ne réclamait pas de droits d’auteur à ceux qui propageaient ses idées, et Shakespeare n’a jamais touché de royalties sur ses œuvres. Depuis l’aube des temps, nos cultures et nos traditions nous ravissent. La musique, la peinture, l’architecture ou l’artisanat nous transportent d’émotion ou d’enthousiasme. Venues d’un pays lointain ou d’une époque révolue, ces œuvres sont autant de cadeaux dont nous profitons à titre gratuit.
Nous sommes donc nourris par la société. Et j’aime penser que nous la nourrissons en retour : nous offrons notre travail, notre créativité, notre savoir-faire, nos talents d’éleveur, de cuisinier, d’agriculteur ou de bâtisseur aux générations présentes et futures.
Ceux qui gardent cette pensée à l’esprit ne ressentent pas leur travail quotidien comme un fardeau ou une obligation. Nous ne sommes même pas réellement acteurs de notre travail : il nous traverse, il emprunte nos mains, notre intelligence, notre imagination ou nos compétence, mais il ne vient pas de nous. Car nous ne sommes pas propriétaires de nos capacités physiques et intellectuelles : elles nous ont été transmises et nous les transmettons à notre tour. Nous sommes les maillons d’une gigantesque chaîne humaine, un fleuve ininterrompu de savoirs et de connaissances. Que serait un fleuve sans ses affluents ?
Chacun de nous contribue au grand fleuve de la culture et des traditions humaines. Si certains affluents cessent de se jeter dans le fleuve, s’ils deviennent égocentriques et individualistes, s’ils posent des conditions avant de se mêler aux autres rivières, ils provoqueront l’assèchement du grand fleuve. Pour que les fleuves soient abondants, leurs affluents doivent les rejoindre sans réticence.
Il en va de même pour les activités artistiques et créatrices : nous ne devons pas les retenir ni les refuser au grand fleuve de la culture mais les offrir de manière inconditionnelle. C’est le principe du dâna. Et c’est ce qui permet aux civilisations de se perpétuer et de se régénérer."
On pourra sans peine étendre la métaphore du fleuve à sa réalité et à l’actuelle pollution sans précédent des nappes phréatiques (1) doublée d’une dépopulation des océans (2).
Le sous-titre du livre est "Une déclaration de dépendance".
Évidemment, dans un monde ultra-marchand là tout de suite comme ça ce n’est pas facile mais... pas impossible. Cela suppose "juste" de revoir complètement son cadre habituel de pensée de A à Z, de faire au moins une expérience de solidarité réelle, d’apprendre à se désintéresser des fruits de ses actions avec lucidité mais sans naïveté et de garder bon moral face à tout ce qui chaque matin vient tenter de nous détourner de notre objectif... Trop facile !
Il n’empêche : nous sommes quelques milliers de millions de dingues d’un peu partout à essayer, des paysans aux artistes en passant par des entrepreneurs et, croyez-moi, Hercule et ses travaux à côté c’est nada !!!
(1) Pour protéger les nappes phréatiques de la pollution de sols due à l’agriculture intensive, des parcs "naturels" hydrogéologiques sont même créées (voir CNRS).
(2) Les océans se vident dramatiquement de leurs poissons (lire entretien de Daniel Pauly).
Pour ce qui est de l’assèchement culturel et artistique par surexploitation du droit d’auteur, on lira avec bonheur Free Culture de L. Lessig.
On trouve parfois des perles sur les aires d’autoroutes, ainsi des numéros d’anciens magazines vendus par lot de trois ou quatre, dépassés depuis un an.
Notre choix : un "pack Psychologies Magazine". Du lourd.
Passons sur ces dizaines de pages "émois, et moi, et moi", sur le leitmotiv incessant "demandez conseil à un thérapeute" et sur l’entretien des stars "comme vous et moi" quand soudain, une perle, une vraie.
"Psychologies : Pourquoi, selon vous, ce soudain intérêt pour des valeurs comme la gentillesse ? Matthieu Ricard : Nous prenons conscience que l’empathie, l’altruisme, la coopération, la gentillesse font partie de notre nature. Mais cela n’a rien de nouveau : Darwin, déjà, parlait de la nécessaire entraide chez les humains et chez les animaux, et Adam Smith insistait sur l’importance, en économie, de la coopération. Seulement, dès le début du XXe siècle, des perspectives dogmatiques se sont imposées pour renier ces idées. Freud a décrété que l’altruisme était une compensation du désir de faire du tort aux autres, donnant ainsi le sentiment que l’égoïsme était un signe de santé psychique ; des économistes ont affirmé que l’altruisme était nuisible à la productivité ; des scientifiques, tel le biologiste Richard Dawkins, ont parlé du ’gène égoïste’ ; des philosophes comme Ayn Rand ont vanté ’la vertu d’égoïsme’... Mais, aujourd’hui, on en revient. En psychologie, les études de Daniel Batson montrent que l’altruisme véritable existe ; en économie, Ernst Fehr prouve la nécessité de prendre en compte cette valeur dans l’élaboration des modèles économiques... Autant de courants d’idées qui sont en train de changer nos cultures.
Mais pourquoi maintenant ? M.R. : Parce qu’avec la globalisation nous sentons bien que nous sommes tous sur le même bateau. Face à la question écologique, face aux écarts entre riches et pauvres, et entre Nord et Sud, nous comprenons bien que l’heure n’est plus à la compétition mais à la coopération. Sans quoi, nous serons tous perdants. Et, à l’échelle individuelle, nous mesurons bien que cet égoïsme et cet individualisme font notre malheur. Ils sont la cause de notre sentiment de solitude, de nos ruminations excessives, de nos déprimes..."
C’est le début d’un entretien avec Matthieu Ricard, dans le cadre de "La journée de la gentillesse 2010" (n°301). C’est bon n’est-ce pas de lire ça ?!
Vous ne connaissez pas Ayn Rand ? Ses livres prônant une éthique de l’égoïsme sont pourtant de francs succès outre-Atlantique, tout de suite après la Bible. Et quant à la façon dont certaines idées de Freud sont appliquées au quotidien dans la société, lisez Propaganda d’Edward Bernays, neveu de Sigmund, qui se chargea d’appliquer les idées de tonton à la digne fille de l’industrialisme : la publicité.
Les idées peuvent changer, les humains aussi, il y a donc de l’espoir. Bonne année.
Notre perception du temps est modelée par nos croyances. Ainsi, beaucoup ont cru (et croient encore) que le progrès ferait gagner du temps. Un progrès manifesté par le raccourcissement des distances, l’accélération de la vitesse, le "tout sous la main là maintenant tout de suite" via nos écrans, entre autres.
Dans ses profondeurs océanes, la Seiche ne parvient à respirer que dans un hors temps relatif.
Relatif hélas car il faut bien revenir au temps, au temps social par exemple. Mais entre temps, justement, quel bonheur !
Le hors temps d’un grand vent sur l’horizon, d’une nature sauvage, d’une nuit à la belle étoile, celui d’un moment de création, d’une pleine respiration ou de vraie chaleur humaine, cet espace d’absolu qui est celui de la vie même et repousse loin normes et calendriers. Vous voyez ?
Il reste quelques jours à cette année 2011 - celle de Fukushima, du Printemps Arabe et de notre petit calmar.
L’année de quelques chiffres éternels :
Toutes les 30 minutes depuis 16 ans un fermier indien se suicide (lire).
On peut fêter (?) les 50 ans d’Amnésie - pardon Amnesty International et les 26 ans des Restos du Cœur.
Et les grandes horloges de Carequi marquent la disparition d’hectares de forêts, à la seconde près.
Au Père Noël et ses comparses, ne pas hésiter à demander...
Le dvd d’Inside Job si vous n’avez (encore) rien compris à la crise financière ou que vous croyez (encore) à la possibilité d’une politique indépendante de la finance. Réalisé par Charles Ferguson, ce documentaire vertigineux a reçu l’oscar du meilleur documentaire en 2011.
Le dvd Into Eternity si vous doutez (encore) du problème de la gestion des déchets nucléaires. Le documentaire part du chantier actuel d’enfouissement en Finlande, se demandant comment nous allons faire pour prévenir du danger nos descendants sur... 100 000 ans (soit la durée de vie des déchets radioactifs).
Et le merveilleux Jon face aux vents, sur la vie des derniers éleveurs nomades d’Europe, les Samis de Scandinavie.
Côté livre, jubilation de bulles et de vignes avec le réconfortant Les Ignorants - Récit d’une initiation croisée d’Etienne Davodeau et Richard Leroy (Futuropolis). L’un auteur de BD, l’autre vigneron en biodynamie, tous deux passionnés, à la découverte de leurs univers respectifs. On partage avec eux ce truc si rare et si merveilleux : l’amour du métier.
Le pavé de l’année dans la mare écolo c’est Qui a tué l’écologie ? de Fabrice Nicolino aux éditions Les Liens qui Libèrent. Où l’on comprend que loin des partis et de la plupart des méga-associations l’écologie c’est nous qui la faisons.
Coup de cœur plein d’humour Le petit livre des grands barbus aux éditions Wild Project, où l’on verra que conscience écologique et longs poils vont souvent bien ensemble !
Aux éditions Yves Michel on peut offrir tout son soutien pour les aider à rester des éditeurs indépendants.
Ou bien aider Marie-Monique Robin (la journaliste du Monde selon Montsanto) à financer son prochain film-enquête Comment on nourrit les gens ?.
Pour les bambins, notre famille est très très fan des CD de La P’tite Famille, parents et enfants sur les routes en musique et en chansons ! La Maison à roulettes et le Déjeuner sur l’herbe sont nos préférés.
Côté pratique, réservez vos stages de printemps et d’été à Terre Vivante, dans le Vercors, ou à l’Ecocentre du Périgord. Jardinage bio, cuiseurs solaires, compost, éco-construction... Les prix sont vraiment honnêtes et les stages de grande qualité.
Si vous connaissez des jardiniers en herbe, n’hésitez pas à leur faire découvrir toutes les variétés anciennes de légumes amoureusement préservées par l’équipe des Kokopelli.
Pour les accros du shopping, n’hésitez plus et visitez les sites de Survival International et d’Amnesty International : petits bijoux, tee-shirts à messages, tissus et jolis objets du quotidien.
Enfin, si vous êtes super fauchés, téléchargez Culture libre, l’opus de Lawrence Lessig traduit collectivement qui vous apprendra tout sur le monde du "libre".
Allez, réjouissez-vous, en réalité c’est tellement chouette les Fêtes !
L’avenir est aux bricoleurs, aux artisans, aux faites-le-vous-mêmes (et arrêtez d’attendre qu’on le fasse pour vous)... qu’on se le dise ! Qu’on s’en réjouisse !
Il existe une université, le Barefoot College, où aucun diplômé n’a le droit d’entrer.
A voir pour se donner une grande et belle dose d’espoir.
Dans la droite ligne des technologies en accès libre.
Mélodie Tribourdau a écrit et réalisé un 52min sur un lieu magique en Bolivie, un de ces lieux où l’on rêve d’aller, qui relance la vie, réfléchit, apporte cohérence et utilité.
Il s’agit d’un refuge pour animaux, la Senda Verde, où Vicky et Marcelo recueillent les animaux sauvages rescapés du trafic illégal. Ils accueillent aussi des volontaires venus du monde entier.
Porté par l’association Cœur de Forêt, "L’or vert du décor" sera projeté demain 16 décembre, à 18h30, à la Maison de l’Amérique latine,
217 bd Saint Germain, Paris 7e (Métro Solférino ou Rue du Bac). Entrée Libre (100 places).
On peut lire sur Terra Eco, un excellent article d’Emmanuel Delannoy.
Extrait : "Que faut-il changer ? Au moins trois choses : notre rapport au vivant, la prise en compte par une théorie macroéconomique de la finitude des ressources, et notre façon de produire, de distribuer, et de répartir les richesses. Pas de hiérarchie ni de priorité entre ces trois chantiers : les trois doivent être menés de front."
Samedi 10 décembre, Journée internationale de mobilisation contre les Grands Projets Inutiles
Rdv à 14h devant la mairie de Limoges.
Ligne Grande Vitesse Limoges-Poitiers ;
Nouvelles zones industrielles et commerciales (zone d’activités commerciales
Nord, Family Village…) ;
Grand stade (61 millions d’euros pour 20000 places) ;
Centre aquarécréatif (55 millions d’euros et une emprise de 22 ha de terres
agricoles et forestières bétonnées) ;
Voies de liaison Nord et contournement Sud…
nos collectivités territoriales vont consacrer beaucoup d’argent à de
grandes infrastructures qui ne serviront qu’à un petit nombre de
personnes.
Ces « Grands Projets Inutile s », créateurs de besoins artificiels à grands coups de
marketing, ne sont pas ressentis comme indispensables par les citoyens. Ils sont soi-
disant nécessaires pour « l’image » de la région… mais surtout pour les bénéfices des
grosses entreprises et grands groupes privés du bâtiment et des travaux publics ! Pensons aux réalisations déjà existantes : l’autoroute A89… quasi déserte ; les
gares bois de Bugeat-Viam, Meymac, Bourganeuf et Felletin à l’abandon ; Family
Village … qui consacre la consommation comme concept de loisir familial, vide la
ville de ses commerces et incite à prendre sa voiture ; le 3e four de l’incinérateur
… « rentable » si l’on fait venir des déchets (non triés) d’ailleurs, car nous trions
et recyclons de mieux en mieux ; l’aéroport de Brive-Vallée de la Dordogne
qui « canibalise » celui de Limoges ; etc…
Et si nous commencions enfin à réfléchir autrement ? Et si nous commencions à nous
opposer aux projets démentiels, si nous combattions la domination d’une poignée sur
la majorité des citoyen-ne-s, et de tous contre la nature ? Et si nous entretenions les
équipements existants, si nous réutilisions toutes les friches industrielles ? Et si nous
réhabilitions les logements vétustes et donnions plus de moyens à l’éducation et
aux écoles, aux hôpitaux, aux transports publics,aux associations… ?
Premiers signataires : Amis de la Terre Limousin, Attac87, GAEL, SdN87, Vélorution
Limoges, Union pacifiste du Limousin…
Avec le soutien : Alternatifs Limousins, PPLD…
Parce qu’elle a plein de tentacules pour toucher et s’intéresser à 1001 choses ! Sa capacité d’apprentissage est étonnante, elle s’adapte et change de couleur plus vite que le vent. Et sa meilleure défense c’est... son encre sépia. Autrefois, quand les écoliers s’en allaient flâner sur les chemins de traverse, dans les encriers l’encre séchait... Mais qui est La Seiche ?